Benjamin Stora a réagi aux accusations de "complaisance" avec l'Algérie dans le dossier de la mémoire, à travers une mise au point publiée par le journal français Le Figaro. L'historien, auquel Emmanuel Macron a confié la mission de mener les discussions avec l'Algérie, est revenu sur les travaux qu'il a réalisés durant sa carrière, pour démentir les déclarations de l’historien et chroniqueur français Jean Sévillia.

"Dans un long entretien au Figaro du 27 juillet 2020, Monsieur Jean Sévilla explique, à l’occasion de la mission que m’a confiée le président de la République pour « une réconciliation entre la France et l’Algérie », que j’ai adopté une attitude « partielle donc partiale » à propos de la guerre d’Algérie", rappelle d'emblée Stora. Et de contre-argumenter : "Il note, à l’appui de sa démonstration, que je n’ai pas parlé de l’enlèvement et la disparition des Européens à Oran en juillet 1962. J’ai traité de cette question dans un chapitre entier de La gangrène et l’oubli, livre paru en 1991 (Éd. La Découverte)".

"J'ai longuement travaillé sur les soldats"

Stora signale, aussi, qu'il avait été "le conseiller scientifique du documentaire Les pieds-noirs d’Algérie. Une histoire française, diffusé sur France 2 en 2017 (Roche Productions)". Il énumère également ses "écrits sur l’histoire de la communauté juive d’Algérie (Les trois exils, Éd Stock, 2006, ou Les clés retrouvées, Éd. Stock, 2014)". Et de se demander : "Mais en évoquant l’histoire des juifs d’Algérie dans trois de mes ouvrages, n’est-il pas question des Français d’Algérie?".

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Le chargé de mission d'Emmanuel Macron affirme, en outre, qu'il a  "longuement travaillé sur les soldats, notamment dans mes ouvrages, Appelés en guerre d’Algérie (Éd. Gallimard, 1997, collection «Découverte), et Algérie, (Éd Les Arènes, 2013)". "Comme vous le voyez, si, effectivement, j’ai traité de l’histoire du nationalisme algérien, avec notamment mes biographies de Messali Hadj ou de Ferhat Abbas (Éd Denoel, 1994, avec Zakya Daoud), ou mon Dictionnaire biographique des militants algériens paru en 1985, ma « mémoire » n’est pas « hémiplégique », comme le prouvent mes quarante années passées dans mes recherches sur l’histoire de l’Algérie", soutient Stora.

"Ma « mémoire » n’est pas « hémiplégique »"

Dans le même sillage, il indique que "contrairement à ce qui est écrit, j’ai longuement travaillé à Aix-en-Provence, à Vincennes et à Ivry (depuis les années 1970) sur les archives écrites, et audiovisuelles de l’armée française, dont des pans entiers restent encore à découvrir pour les chercheurs".

Il cite "notamment pour la rédaction de mon histoire de l’Algérie contemporaine, mon ouvrage sur la police (une publication d’un document des Renseignements généraux de 137 pages, dans RG contre le FLN, Éd. J. Duvernet, 2011), et les documentaires, Les années algériennes, (réalisation Bernard Fabre, 1991), La déchirure (réalisation Gabriel Le Bomin, 2012), et Notre histoire (réalisation Jean-Michel Meurice, diffusion en 2012)".

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"Qu'en est-il de la réalité du système colonial en Algérie?"

Il a tenu également à souligner, pour rectifier son détracteur, qu'il avait "dirigé et présidé une vingtaine de thèses soutenues à l’université française (de 1985 à 2018), qui, toutes, ont été établies à partir, notamment, des archives de l’armée française, et des témoignages d’acteurs, français et algériens.".

Benjamin Stora assène à l'attention de son détracteur :  "Par contre, je ne trouve rien dans les propos du journaliste interrogé sur la réalité du système colonial mis en place par la France en Algérie, sur les milliers d’Algériens disparus pendant la guerre, les « zones interdites » et les déplacements forcés de centaines de milliers de paysans, l’utilisation du napalm, ou la pose des mines aux frontières".

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