L’Algérie figure sur la liste des seize pays pour lesquels un test de dépistage est désormais obligatoire en vue d'entrer en France. L’Union européenne (UE) annonçait officiellement jeudi le retrait de l’Algérie de sa liste des pays dont les ressortissants sont autorisés à séjourner sur son territoire. Les touristes et les étudiants ne pouvant voyager actuellement, cette obligation de présenter un test s’adresse donc aux expatriés français, Franco-Algériens et Algériens disposant d’un titre de séjour en France.

Le Premier ministre français, Jean Castex, a, en effet, décidé que les voyageurs en provenance de seize pays, dont l’Algérie, doivent présenter un test PCR négatif datant de moins de soixante-douze heures avant l'embarquement à destination de la France.

Si vous êtes expatrié français, Franco-Algérien ou Algérien disposant d’un titre de séjour en France et que vous résidez de façon permanente dans l’hexagone, vous devez obligatoirement effectuer ce test pour pouvoir passer la frontière française.

Cette mesure devait prendre effet dès samedi 1er août. Les voyageurs en provenance de l’Algérie devront justifier d'un test PCR de moins de 72 heures. En Algérie, la pandémie est toujours en progression, les laboratoires sont pris d'assaut. Ces rapatriés peuvent, à leurs frais, effectuer ce test en Algérie. Mais il est plus que difficile d'obtenir un test dans les délais exigés par le décret français. En sus, le coût est très important.

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Autre option : passer par les centres de dépistage présents dans les aéroports français, comme Roissy. Depuis le 1er août, il n'y a pas de choix si vous ne présentez pas un test à l'arrivée sur le territoire français. Et là, il faudra, après un long vol, vous armer de patience pour effectuer le contrôle par des médecins des hôpitaux de Paris et ainsi obtenir le résultat. Il faut donc, au mieux, se faire dépister avant le décollage. Si le passager refuse de se soumettre au dépistage, le dispositif sanitaire exige qu’un arrêté préfectoral de placement en quarantaine soit établi.

Rapatriement des Algériens bloqués en France

En raison de la fermeture des frontières entre les deux pays, les autorités algériennes ont décidé d’engager une opération de rapatriement des citoyens algériens qui se sont retrouvés coincés en France.

Les ressortissants concernés par cette opération de rapatriement sont ceux qui détiennent des billets d’avion retour vers l’Algérie. Ils sont invités à s’inscrire sur les sites Internet mis à leur disposition par les autorités algériennes et leurs missions diplomatiques dans ces pays.

Ces ressortissants doivent, aussi, fournir toutes les informations requises en vue de les recenser et les contacter. Il faut préciser que la priorité est accordée aux “familles bloquées”, aux “personnes ayant effectué les déplacements pour des soins” et aux “étudiants à l’étranger”. Les citoyens inscrits pour le rapatriement sont avisés et contactés par les postes diplomatiques et consulaires, par e-mail et par SMS.

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Une fois arrivés en Algérie, les citoyens rapatriés seront soumis à la procédure de confinement de deux semaines dans des établissements hôteliers réquisitionnés par l’Etat. Ils seront conduits vers ces hôtels, lieu de leur confinement pendant 14 jours. Cette mesure entre dans le cadre des dispositions préventives contre la propagation du coronavirus.

Les frontières de l’Algérie demeurent fermées

Par ailleurs, l’Algérie a décidé de garder ses frontières fermées en raison de la propagation du coronavirus. La décision de maintenir les frontières algériennes fermées "jusqu’à la fin de la pandémie" a été prise dimanche 28 juin, à l’issue de la réunion du Conseil des ministres, présidée par le président Abdelmadjid Tebboune.

Le chef de l’Etat algérien ne s’est pas prononcé sur la date de la réouverture des frontières aériennes de l’Algérie. Même s’il estime qu’il n’est pas encore temps de trancher sur cette question, il affirme que cette décision sera prise après évaluation de la situation sanitaire, "en fonction de nos capacités et de notre crainte de voir les chiffres s’élever encore plus".

De son côté, la France a décidé, le 18 juillet, de fermer ses portes aux Algériens au lendemain de l’annonce de ses consulats de la suspension de leurs services de traitement de demande de visas.

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La France aurait même fait campagne auprès des pays membres de l’Union européenne pour exclure les Algériens de la liste des ressortissants autorisés à entrer dans l’espace Schengen. Au début, la plupart des pays européens s'étaient opposés au retrait de l’Algérie de la liste des "pays sûrs".

Selon des sources médiatiques, la France, principal partisan de la radiation de l’Algérie de la liste, avait fait savoir, lors de la réunion des diplomates de l’Union européenne, qu’elle allait adopter des mesures nationales pour bloquer les arrivées des voyageurs à partir d’Algérie.