Alors que l'Algérie fait face à une crise économique aiguë, de nombreuses familles se retrouvent dans une situation difficile à cause des salaires insuffisants et des prix de produits de première nécessité qui ne cessent d’augmenter. La dépréciation du dinar algérien a également contribué de façon directe à cette situation.

Le pouvoir d’achat des Algériens connaît une nette baisse depuis quelques années déjà. Ceci est le résultat des taux d'inflation et des indices des prix à la consommation qui connaissent une augmentation significative. En effet, selon les estimations de l'Office national des statistiques, les prix moyens des produits de consommation de base et des denrées alimentaires ont connu une augmentation significative entre 2001 et 2020, variant entre 70 et 190 %.

C'est le cas notamment des viandes ovines qui ont enregistré une hausse de 198,96% entre 2001 et 2020 où encore des légumes, à l'image de de la pomme de terre qui a enregistré une augmentation de plus de 142 % sur la même période.

En outre, les prix des soins ont également augmenté de façon spectaculaire. La consultation chez un médecin spécialiste qui était fixée entre 1 000 DA, il y a à peine quelques années, est proposée de nos jours à 2 000, voire à 2 500 DA. Autre augmentation à laquelle doivent faire face les citoyens, celle du coût du carburant qui a connu en 2020 une nouvelle hausse qui a également eu un impact direct sur les Algériens qui devront débourser encore plus pour remplir leurs réservoirs.

Les salaires en Algérie toujours assez bas

Si la courbe des prix des produits alimentaires et d'autres services a suivi une tendance haussière, celle des salaires, en revanche, a stagné en Algérie. Le salaire minimum garanti n'a en effet augmenté que de mille dinars par an entre 2001 et 2012, avant de stagner pendant la période 2012 à 2019, jusqu'à ce que Abdelmadjid Tebboune prenne une décision de revoir le salaire minimum garanti et le faire passer de 18 000 à 20 000 dinars en mai 2020.

Aujourd'hui, les questions des salaires et du pouvoir d’achat des Algériens sont parmi les principales revendications des citoyens, notamment ceux des couches sociales les plus défavorisées. Selon les dernières études, notamment celles de l’Office national des statistiques, le salaire moyen en Algérie ne dépasse pas les 41 000 DA. Une rémunération qui ne pourrait en aucun cas suffire à une famille algérienne.

D'après l'étude de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA/Snapap), réalisée en 2017, une famille algérienne de 5 personnes aurait besoin de pas moins 73 000 DA/mois. Nabil Ferguenis, membre du Snapap, a quant à lui estimé qu' « il faut au bas mot un revenu global de 80 000 à 90 000 DA minimum pour qu’un couple, avec 3 enfants, arrive à bien se nourrir et habiller les enfants et leur assurer une prise en charge correcte ».

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