L’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie, Saïd Sadi, a affirmé que le pouvoir en place était coupable de l'une des plus dangereuses escroqueries en essayant de réviser l'Histoire pour mettre en avant la "Badissiya novembriya" comme l'artisan du déclenchement de la révolution du 1er Novembre. Le leader démocrate s'est exprimé dans une nouvelle contribution postée, ce jeudi 27 août, sur sa page Facebook. 

Saïd Sadi affirme d'emblée que "c’est la dernière - et probablement l’une des plus dangereuses - escroquerie du système. A entendre les suggestions de certains commentateurs à revisiter les manœuvres lancées au début du mouvement du 22 février ou à lire les gestes et décisions du pouvoir actuel, la Badissiya novembriya serait l’artisan du déclenchement de l’insurrection du premier novembre que les Oulémas ont pourtant condamné sans appel en 1954". Le leader démocrate indique que ce stratagème n'est pas nouveau. Il rappelle que "la stratégie de la falsification de l’Histoire reste la souche politique du binôme islamisme-militarisme".

Des personnes peu susceptibles d’adhérer aux principes du congrès de la Soummam participent à la commémoration

Saïd Sadi, qui s'appuie sur les derniers événements qu'a connus le pays, affirme que "la dernière commémoration du congrès de la Soummam a soulevé tollé et indignation à la suite de la participation de quelques personnes peu susceptibles d’adhérer aux principes énoncés lors de la rencontre du 20 août 1956". Il explique que ces derniers sont aux antipodes des deux principes essentiels, à savoir la "primauté du politique sur le militaire" et le rejet de "la restauration d’une quelconque monarchie ou théocratie désormais révolue".
Des idées auxquelles ne seraient pas "perméables les héritiers de Kafi, qui a qualifié Abane de traître, et encore moins de ceux de Benabi qui a considéré l’assassinat du même Abane comme une récompense offerte par Dieu à l'Algérie", rappelle-t-il.

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Saïd Sadi fait remarquer également qu'"un groupuscule portant une pancarte saluant un ancien responsable du FIS a même failli mettre le feu aux poudres". Un geste qu'il a considéré comme une provocation, saluant les "citoyens qui avaient compris que donner prise à la provocation était le meilleur moyen de perturber une cérémonie populaire rassemblant spontanément des Algériens progressistes de toutes régions, toutes générations et toutes origines sociales autour des véritables objectifs de la guerre de libération"

Le pouvoir et les islamistes veulent pervertir l'alternative démocratique en supercherie Badissiya Novembriya

Saïd Sadi relativise, néanmoins, avec la sagesse des présents, en affirmant que "ne pas tomber dans le piège du parasitage islamiste est une chose, c’en est une autre de minimiser ou nier ses menaces et, plus grave, de l’adouber, comme s’essaient à le faire des acteurs en mal de repères et stratégies". Il rappelle que "jusqu’à ce que la vérité devienne réalité : c’est à la Soummam que le projet démocratique national fut conçu, discuté et proclamé; c’est là que ce projet est toujours assumé et défendu par le peuple souverain".

Saïd Sadi avertit que "le pouvoir et les islamistes qui ne désespèrent toujours pas de pervertir l’alternative démocratique et sociale de la Soummam par la supercherie Badissiya novembriya sont bien ennuyés par la ferveur populaire qui entoure ce moment politique cardinal de notre histoire contemporaine". Il affirme qu'"incapables d’enterrer l’événement, les deux compères s’emploient à mener méthodiquement une opération de pollution-récupération, manipulation bien connue dans les systèmes autoritaires. Quand, pour une raison ou une autre, la répression n’est plus possible, on tente le dévoiement".

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Les islamistes et le pouvoir aux antipodes du congrès de la Soummam

Saïd Sadi explique que "les islamistes adoptent une lecture monoculaire de la plate-forme soummamienne. Ils disent adhérer maintenant au principe de « la primauté du politique sur le militaire » mais zappent la condamnation de « la monarchie ou théocratie désormais révolue »". Il ajoute que "le pouvoir qui entretient un embargo national sur le premier et unique congrès d’un front politique fédérant les sensibilités représentatives du peuple algérien a quand même demandé au wali de Bgayet de se rendre aux aurores à Ifri pour y déposer une gerbe de fleurs… une commémoration clandestine en quelque sorte".
Sadi indique que "le régime ignore le congrès de la Soummam dans les célébrations nationales mais il consent à s’en souvenir dans ses démembrements locaux".

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