Les transfèrement de l'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia vers la prison d’Abadla, à Bechar, et, avant lui, celui des deux hommes d’affaires Ali Haddad et Mahieddine Tahkout suscitent de nombreuses interrogations sur les raisons d'une telle opération. Le réseau relationnel des trois hommes y est pour beaucoup dans cette décision. 

Condamné à 12 ans de prison ferme, l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a été transféré, mercredi 26 août, de la prison de Koléa à la prison de Abadla, dans la wilaya de Bechar, à 1 000 km au sud-ouest d’Alger. Un décision qui a surpris les Algériens qui se demandent pour quel motif les autorités compétentes ont décidé d'éloigner Ouyahia de la capitale.

Selon des sources proches du milieu judiciaire et rapportées par le journal francophone Le Soir d'Algérie, cette décision serait motivée par plusieurs raisons. D'abord, « comment faire confiance à une personne, Ouyahia en l’occurrence, qui affirme ne pas connaître l’origine des trente milliards découverts dans son compte ? », s'interrogent ces sources. Et d'ajouter qu'« avec de l’argent, on peut tout faire, tout obtenir, et l’enquête déclenchée autour du cas Haddad demeure de l’ordre du secret pour l’instant, mais la coïncidence, si coïncidence il y a, a voulu que ce transfert intervienne dans cette conjoncture particulière ».

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En outre, les autorités concernées redouteraient la présence de plusieurs anciens ministres et puissants hommes d’affaires dans les mêmes lieux. « Ces personnes ont de l’argent, beaucoup d’argent, et certains disposent de liquidités. C’est une source de pouvoir. Tout peut arriver dans de telles situations et le fait qu’ils soient rassemblés à El-Harrach ou Koléa n’est pas fait pour rassurer. Les événements qui se déroulent nous démontrent chaque jour que les poches de la Issaba ne sont pas encore vidées », expliquent les sources susmentionnées.

Ali Haddad et Mahieddine Tahkout auraient monté des réseaux externes

Ahmed Ouyahia est le troisième prisonnier du clan Bouteflika à être transféré loin de la capitale. Le 12 août, deux autres détenus avaient été transférés hors d'Alger. Il s’agit de l’ex-président du FCE, Ali Haddad, transféré à la prison de Tazoult (Batna), et de Tahkout Mahieddine, patron du groupe TMC, transféré, quant à lui, à la prison de Babar (Khenchela).

Le transfèrement de l'ancien patron de l'ETRHB a eu lieu au lendemain de l’ouverture d’une enquête sur le contrat passé par un des représentants de Haddad avec un cabinet de lobbying américain,chargé d’exercer des pressions sur les dirigeants algériens en vue de la libération du détenu.

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Concernant Mahieddine Tahkoukt, la même source fait savoir que l'homme d'affaires recevait plusieurs visites dans la journée alors qu'il était à la prison de Koléa. Il se dit que Tahkout avait même réussi à monter des réseaux externes en compagnie de Ali Haddad. Ces réseaux avaient notamment pour mission de diffuser des informations pouvant les servir.

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