Les autorités françaises avaient ouvert, le 9 août, une procédure dérogatoire pour permettre l’entrée en France à des étrangers, dont des Algériens, justifiant d’une relation de couple avec un ressortissant français. Cependant, à ce jour, presque aucun laissez-passer n’a été accordé par les consulats français, rapporte Le Parisien dans son édition de samedi 29 août.

Les demandeurs de laissez-passer dérogatoire butent sur la même réponse du consulat : « Nous sommes au regret de vous informer que nous ne pouvons pas donner de suite favorable à votre demande de laissez-passer ». C’est le cas de Julie Piret, habitante de la région lyonnaise, qui n'a pas vu son conjoint algérien depuis fin février. Elle devait s'envoler pour l'Algérie le 21 mars pour préparer leur mariage, mais les frontières ont été fermées quelques jours avant. « Je vois sur Facebook qu'il y a beaucoup de refus… Je pense qu'ils ont peur qu'une fois en France, il (son conjoint, NDLR) ne reparte pas », dit-elle.

« Ils vous font espérer un laissez-passer, on monte un dossier, on achète un billet d'avion et finalement le consulat vous envoie un courrier d'une ligne en disant : c'est refusé… C'est la douche froide, une énorme déception », indique Charles Vincent Viry, un administrateur du collectif « Love is not tourism » Celui-ci a lancé un appel aux dons sur sa page Facebook afin d'attaquer le gouvernement français en justice. Il demande au Conseil d'Etat de contraindre le gouvernement français à adopter une solution.

À lire aussi :  Centre TCF à Alger : Nouvelle adresse et nouvelles procédures

Le collectif interpelle Emmanuel Macron

« Nous avons adressé une lettre au nom du collectif, à Emmanuel Macron lundi, qui explique toute la problématique », raconte Charles Vincent Viry. Pour lui, les couples ne devraient pas avoir autant de mal à prouver leur amour. « Nous demandons à pouvoir simplement déclarer sur l'honneur que nous sommes conjoints », ont-ils suggéré.

Pourtant, le 9 août, le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, déclarait le lancement d'une procédure dérogatoire pour permettre aux quelque 2 000 couples binationaux, non mariés ni pacsés, séparés par la fermeture des frontières françaises, de pouvoir se réunir à nouveau sur le territoire français.

Les couples réclament la simplification de la procédure

Selon le cabinet de Jean-Baptiste Lemoyne, 458 dossiers ont à ce jour été acceptés par le consulat. Il leur reste ensuite deux étapes à franchir : la sous-direction des visas - ils sont 119 à ce stade - puis le Centre interministériel de crise (CIC) qui dépend du ministère de l'Intérieur.

Le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme estimait le temps d'étude de chaque dossier à environ huit à dix jours. Aujourd'hui, aucun laissez-passer n'a été accordé.

Les couples binationaux réclament également la simplification de la procédure de demande de visa. Car, pour entrer sur le sol français, les conjoints de ressortissants français doivent fournir aux ambassades une ribambelle de papiers prouvant leur union : bail locatif, factures, passeports, preuves de voyages communs, etc. Il faut également qu'ils soient en couple depuis au moins un an.