Les très bonnes relations diplomatiques entre la France et le Maroc vont connaître des couacs dans un avenir proche. Ces relations risquent de se dégrader à cause des déclarations du consul général de France à Madrid. Ce dernier a affirmé, jeudi le 27 août, que « la France doit venir en aide au gouvernement autonome de Sebta qui est la porte vers l’Afrique pour la France... ». 

Des déclarations sont considérées comme tendancieuses du côté marocain, qui revendique toujours l'appartenance des deux villes de Sebta et Melilia au royaume, alors qu'elles sont encore sous autorité espagnole. Le consul général de France à Madrid, en déclarant que "la France doit venir en aide au gouvernement autonome de Sebta qui est la porte vers l’Afrique pour la France… ce qui confère à cette ville une dimension stratégique essentielle pour Paris", s'est, de fait, positionné en faveur de l'Espagne dans le conflit hispano-marocain qui dure depuis longtemps.

Une déclaration qui soulève une réprobation au Maroc, pourtant allié sûr de la France. Elle a fait réagir d'anciens diplomates marocains qui considèrent que cette déclaration "est ni plus ni moins une provocation’. Les diplomates marocains qualifient l'attitude du consul français d'"une ingérence dans les relations liant le Maroc à l’Espagne".

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La dernière brouille entre le Maroc et la France

Ces réactions sont, selon les observateurs, le prélude d'une réaction officielle des autorités marocaines qui restent muettes pour l'instant. Elles présagent une brouille diplomatique entre les deux pays, surtout que le roi Mohammed VI fait de la revendication de "l'appartenance de ces deux villes au royaume une priorité nationale".

Il faut rappeler que la dernière brouille entre la France et le Maroc remonte à 2014. Elle a duré une année. Elle a commencé au début de l’année 2014, quand le patron du contre-espionnage marocain Abdellatif Hammouchi s’est vu notifier une convocation d’un juge d’instruction pour s’expliquer sur une affaire de torture, alors qu’il accompagnait son ministre de l’Intérieur à Paris. En réaction à cette convocation, considérée comme une "violation des règles et usages diplomatiques universels", le Maroc a suspendu une semaine plus tard sa coopération judiciaire avec Paris.

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