Décidément, les islamistes ne veulent pas lâcher l'école algérienne. Ils semblent avoir compris que tant qu'ils contrôlent l'école, ils contrôleront l'avenir de l'Algérie. Et dans leur stratégie, ils ont besoin de créer des rumeurs, les amplifier et ensuite mobiliser autour d'elles pour empêcher tout changement dans le système éducatif.

C'est ce qui se passe depuis quelques jours, quand une rumeur insensée a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. La rumeur indique la volonté du gouvernement d'introduire la danse comme matière obligatoire à l'école. Rien que cela ! Cette rumeur saugrenue a été amplifiée sur les réseaux sociaux, en la présentant comme une décision du gouvernement, cherchant à "porter atteinte à l'islam et à la société algérienne".

C'est, en fait, une tactique bien rodée chez les éléments de cette mouvance. Régulièrement, les islamistes créent le buzz pour rappeler qu'ils sont là. Pour rappeler qu'ils restent les gardiens du temple éducatif en Algérie, et qu'ils restent les sauveurs de l'école et de l'Algérie face aux assauts des partisans de la laïcité et de la modernité. Pour cela, ils sont capables même d'inventer des rumeurs quand il n'y a rien qui les provoque pendant une certaine période.

La danse comme matière obligatoire à l'école ?

Il est justement plausible qu'ils soient les auteurs de cette rumeur sur l'introduction de la danse dans le programme scolaire. D'ailleurs, comment introduire la danse alors que les matières artistiques sont rares et très peu enseignées dans les écoles algériennes ? Les élèves de quelques écoles dans quelques wilayas uniquement ont, en effet, droit à des séances de dessin et de musique. Peut-on ajouter une nouvelle matière quand les deux matières disponibles sont très peu prises en charge ?

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Il faut dire que cette tactique visant la présence de l'islamisme dans l'école algérienne n'est pas combattue par les responsables de l'Etat. Pire encore, ils donnent l'impression qu'ils laissent faire pour maintenir le flou. D'ailleurs, cette rumeur n'a pas été démentie par le ministère de l'Education, mais par celui de la culture. Malika Bendouda s'est même dite surprise par le fait que cette rumeur ait été propagée par des personnes appartenant au secteur de la culture "capables de reconnaître les rumeurs".

En fait, c'est le laxisme de l'Etat qui pérennise la mainmise de l'islamisme sur l'école algérienne. C'est ce qui retarde en définitive l'avènement d'une refonte sérieuse et radicale du système éducatif et d'une école moderne, ouverte à l'universalité. Parce que précisément, l'Algérie peut avoir une école performante qui n'est ni soumise à la religiosité, ni orientée contre les principes religieux.

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