Le Conseil des ministres se réunit ce dimanche 6 septembre pour examiner et approuver la dernière mouture de la nouvelle Constitution. En principe, cette mouture finale sera rendue public à l'issue de cette réunion consacrée spécialement à cette question.

C'est à partir de ce dimanche donc que le débat autour de la Constitution et du référendum pour sa révision sera enclenché en Algérie. Bien entendu, le débat ne prendra pas une seule voie, notamment à la veille du référendum programmé pour le 1er novembre 2020. Il fera office d'un dialogue de sourd entre les composantes de la classe politique. Avec notamment des positions irréconciliables.

En effet, c'est tout naturellement que les partisans du pouvoir, à leur tête le FLN et le RND, défendront la mouture finale de la nouvelle Constitution et appelleront les Algériennes et les Algériens à "aller voter massivement" le jour du référendum. Des partis islamistes, à l'image d'El Bina de Abdelkader Bengrina ou El Islah et Ennahda feront certainement de même.

Trois catégories des acteurs politiques

Il restera ceux parmi les acteurs politiques qui discuteront le contenu de la mouture proposée par le chef de l'Etat Abdelmadjid Tebboune. Ceux-là devront appeler à se rendre aux urnes le 1er novembre prochain, mais leurs mots d'ordre seront peut-être différents. Dans la mesure où certains appelleraient à voter en faveur de la mouture de Tebboune alors que d'autres pourraient être tentés par un vote défavorable.

Ensuite, il y a la troisième catégorie des acteurs politiques. Ceux qui rejettent tout simplement le processus référendaire proposé par le chef de l'Etat et son Premier ministre Abdelaziz Djerad. Ils se recrutent parmi les partis de la mouvance démocratique, les syndicalistes, les militants des droits de l'Homme et les éléments de la société civile.

En fait, ce sont tous ceux qui ont accompagné le mouvement populaire, Hirak, tout au long de l'année 2019 et d'une partie de 2020. Et il n'est pas sûr qu'ils seront autorisés à manifester leur position de boycott ou de rejet du référendum. D'ailleurs, durant la campagne électorale pour le scrutin référendaire du 1er novembre, il est presque certain que les partisans du rejet ne seront pas autorisés à animer des meetings et autres conférences pour exprimer leur rejet du référendum, de la nouvelle Constitution et le pouvoir. Comme du temps de Abdelaziz Bouteflika et de Liamine Zeroual.

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