Le président du mouvement El Binaa, Abdelkader Bengrina, s'est exprimé, mercredi 9 septembre, sur le projet de révision de la Constitution, dont les principaux axes ont été révélés par la présidence de la République. Dans un communiqué posté sur sa page Facebook, le chef de file du parti islamiste s'est limité à critiquer l'article 4 de la Constitution, qui sera soumise au référendum le 1er novembre. 

Abdelkader Bengrina s'étonne que cet article portant sur l’”insertion de Tamazight comme disposition qui ne peut faire l’objet de révision” soit maintenu dans la nouvelle Constitution. Plus grave encore, cet islamiste, inconnu au bataillon et de l'échiquier politique algérien, a estimé que Tamazight constituait "un résidu de la Issaba" et un héritage de la Constitution de Bouteflika. 

Reniant tout caractère national à la langue amazighe, Bengrina est allé encore plus loin dans son réquisitoire haineux envers cette langue parlée et écrite par des milliers d'Algériens. Il a affirmé que Tamazight ne devait pas être constitutionnalisée. Pour le candidat malheureux de la présidentielle de décembre 2019, sa constitutionnalisation est une grave erreur.

"Tamazight est un héritage de la Issaba"

Abdelkader Bengrina, qui ne croit vraisemblablement pas en la diversité linguistique, affirme que la reconnaissance de Tamazight et le fait de faire d'elle une constante nationale peuvent mener le pays à la dérive. Pour lui, il n'y a pas et il n'y aura pas une autre langue en Algérie à part la langue arabe. Tamazight n'est, selon lui, qu'un dialecte qui ne peut prétendre au statut de langue.

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En fait, ce chef de parti islamiste n'en est pas à sa première sortie du genre. Il fait décidément de la non-constitutionnalisation de Tamazight son cheval de bataille. Il avait déjà affiché sa position vis-à-vis de la langue amazighe au mois de mai dernier, suite à la proposition d'en faire une constante nationale.

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