Un rassemblement a été tenu devant la préfecture de l’Isère (France), mercredi 23 septembre, par la Confédération générale de travail (CGT) des travailleurs sans-papiers de l’Isère, soutenue par la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants. Les militants ont exigé la régularisation de la situation des travailleurs sans titre de séjour, parmi lesquels des Algériens, a indiqué le média français Place Gre’net.

Selon la même source, la dénommée Sylvette Gilli, bénévole à la CGT des travailleurs sans papiers de l’Isère, a dénoncé avec force la situation à laquelle font face les sans-papiers étrangers, dont les Algériens. Selon cette bénévole, le phénomène de précarisation systématique est l’apanage des patrons français : « Les personnes dépourvues de titres de séjour en France n’ont d’autres choix que de travailler au noir dans le BTP, le nettoyage ou l’aide à la personne, car les entreprises refusent de les embaucher. Les petits patrons en profitent pour ne pas payer les cotisations », dénonce-t-elle.

Les travailleurs sans papiers à la merci du patronat

De son côté aussi, Steve Fluxman, un militant engagé dans la cause des travailleurs sans papiers, s’élève contre le sort réservé aux ouvriers étrangers, dont les Algériens, travaillant au noir. « Nous suivons un homme qui a travaillé un mois entier pour son patron sans jamais avoir reçu son salaire », indique-t-il. Il estime que « cette exploitation systématique relève d’un État de non-droit, dans lequel les sans-papiers n’ont aucun moyen de se défendre juridiquement ».

Ainsi, selon les militants, les travailleurs sans papiers en France possèdent un statut fragile qui génère une incidence extrêmement grave sur leur santé, notamment en ces temps de propagation fulgurante de coronavirus. « Ils vivent souvent dans des squats, nombreux, concentrés et sans conditions d’hygiène spécifiques. Et sont donc extrêmement vulnérables au virus », alerte Steve Fluxman.

Ce militant engagé rappelle que cette situation relève aussi de la salubrité publique : « C’est dangereux à la fois pour les sans-papiers et pour le reste de la population, car le virus ne fait pas de distinction selon l’origine », fait-il remarquer. Par ailleurs, à l’issue du rassemblement, le syndicat de la CGT a invité les militants à répondre présent à l’appel à un rassemblement qui se tiendra mardi 29 septembre. Le même jour, une marche de solidarité avec les sans-papiers s'ébranlera également vers Grenoble. Une marche qui marquera la continuité avec la manifestation partie de Marseille, samedi 19 septembre.

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