Le procès de la mystérieuse Lechnach Zoulikha-Chafika, dite « Mme Maya », un temps présentée ou considérée comme la fille cachée de l'ex-président Abdelaziz Bouteflika, n’a finalement pas eu lieu mercredi 30 septembre. Poursuivie avec ses deux filles dans de lourdes affaires, son procès a été reporté par le tribunal de Cheraga (Alger) au 7 octobre prochain.

Il s’agit d’une affaire des plus étonnantes qui défraie la chronique médiatico-judiciaire en Algérie. C’est l’histoire d’une femme qui a réussi à ériger un empire financier juste en se faisant passer pour la fille cachée du président déchu, Abdelaziz Bouteflika. Elle entraîne dans sa chute plusieurs anciens hauts fonctionnaires. Au moins deux ministres, un chef de la police, un wali et un sénateur sont cités dans ce procès.

Poursuivie avec ses deux filles pour « blanchiment d’argent dans le cadre d’une association criminelle organisée », « demande et acceptation d’indus avantages en recourant à un agent public », « complicité dans l’abus de fonction » et de violations en matière de circulation de capitaux, Lechnach Zoulikha-Chafika devra comparaître le 7 octobre prochain, devant le tribunal de Cheraga.

Commerçante de tissu dans les années 1990, selon une enquête menée par le journal francophone Le Soir d’Algérie, « Mme Maya » entame son ascension en 2001 après une rencontre avec Abdelaziz Bouteflika. Ces entretiens avec le président déchu qui dépasseraient les simples échanges amicaux », lui donnent accès à l’appareil d’Etat et feront sa fortune.

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C’est Mohamed Rougab, secrétaire particulier de Bouteflika, qui la présente comme étant un membre de la famille présidentielle. Peu à peu, un personnage hors du commun prend naissance : Mme Maya, fille cachée du Président.

Elle engrange des sommes colossales et bénéficie de terrains et de toute sorte d’avantages pour lancer ses propres affaires, grâce à sa notoriété. Les hommes d’affaires quémandent son soutien et sollicitent son intervention pour des entrevues avec des ministres, en vue de l’obtention de marchés.

La chute de « la fille cachée de Bouteflika »

Lors d’une perquisition de sa villa à Moretti, en juillet 2019, les éléments de la gendarmerie ont découvert 12 milliards de centimes, 270 000 euros, 30 000 dollars, 17 kilogrammes de bijoux en or et plusieurs documents de voyage. Dix milliards de centimes étaient emmurés dans une arrière-chambre de la villa.

Mme Maya et ses deux filles sont arrêtées et poursuivies pour « blanchiment d’argent dans le cadre d’une association criminelle organisée », « complicité dans l’abus de fonction », « violation de la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger », « demande et acceptation d’indus avantages en recourant à un agent public » et « complicité dans l’octroi d’indus avantages ».

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Les deux anciens ministres Mohamed Ghazi et Abdelghani Zaâlane, l’ex-DGSN, Abdelghani Hamel, ainsi que onze personnes sont poursuivis dans cette affaire.