Elle a décidé d’écrire pour dire ce qu’elle est « incapable de dire à haute voix » et d’affronter les normes imposées par sa communauté. Fatima Daas, une jeune femme de 24 ans d’origine algérienne, est la révélation de la rentrée littéraire en France avec son premier roman « La petite dernière ».

Issue d’une famille musulmane pratiquante, Fatima Dass est née dans une banlieue parisienne. Elle est la dernière d’une fratrie de trois sœurs et elle le fait comprendre dans son livre « La petite dernière ». Les membres de sa famille sont tous nés en Algérie, sauf elle. Ils parlent tous le dialecte algérien, sauf elle. Néanmoins, Fatima est « très affirmée », à en croire son ancien professeur de littérature Lionel Ruffel.

A l’adolescence, la jeune musulmane découvre son attirance pour les filles. Elle se retrouve donc en décalage avec ses proches avec qui elle ne peut aborder ce sujet tabou. Cependant, Fatima explique qu’elle avait décidé de ne renoncer à aucune de ses identités et de « les assumer dans leurs contradictions ».

L’écriture comme seul moyen d'aborder les sujets tabous

La jeune femme révèle qu’à l’âge de 14 ans, elle avait commencé à écrire son quotidien dans un journal. Au lycée, elle participe à des ateliers d’écriture, et c’est à ce moment-là qu’elle commence à écrire de la fiction. L'écriture ne la quittera plus, car elle avait compris qu’elle pouvait dire sur le papier ce qu’elle était « incapable de dire à haute voix ».

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Son professeur de littérature, Lionel Ruffel, rappelle que le dossier de candidature de Fatima Daas au master de création littéraire était un projet « assez peu élaboré ». Malgré ça, l’équipe d’enseignants l’a accepté. Confiante, la jeune écrivaine a produit un texte sur son rapport à l’islam : Peut-on être homosexuelle tout en étant musulmane pratiquante ? L’homosexualité est-elle un péché ? Les personnes présentes lors de la lecture de ce texte ont été « sidérées » par la force de son contenu, se souvient le professeur de Fatima.

Ainsi, ce texte amènera Fatima Dass à l’écriture et la publication chez les Editions Noir sur Blanc de son premier roman « La petite dernière », qui est en lice pour le prix du Monde. « Mon livre n’est pas un manifeste. Mais plutôt le cri de liberté d’une femme qui ne veut pas être ce que les autres ont envie qu’elle soit », a-t-elle confié au quotidien régional français Le Télégramme.

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