Les avocats de l’ancienne ministre de la culture Khalida Toumi, dont l’affaire fait, selon eux, l’objet de « violation de procédures », ont décidé d’adresser une requête au chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, pour préserver les droits de leur cliente. Cependant, le procureur de la République près le pôle pénal national spécialisé dans la lutte contre le crime économique et financier a apporté sa version des faits et contredit les déclarations des avocats. Créant ainsi la polémique entre le parquet et la défense.

En effet, le parquet estime que Khalida Toumi « ne se trouvait pas en situation de détention arbitraire ». Il indique, en outre, que la détention provisoire de l’ancienne ministre de la Culture a été reconduite par le juge d’instruction et la Chambre d’accusation à deux reprises. La première en date du 12 janvier 2020 et la deuxième en date du 8 juin de la même année. Expliquant que l’article 125 bis du Code de procédure pénales autorise la prolongation de la détention provisoire en cas « d’existence d’expertises judiciaires en cours d’élaboration, de collecte de preuves ou encore de recueil de témoignages en dehors du territoire national ».

Les avocats répondent aux parquet

Par ailleurs, l’avocat Boudjemâa Ghechir, dans une déclaration au quotidien Liberté, estime que le parquet « interprète la loi » selon l’article 125 bis du Code de procédure pénale, alors que l’affaire de Khalida Toumi entre dans le cadre de l’article 125 du Code de procédure pénale.

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L’article sur lequel s’est basé le parquet, explique l’avocat, concerne uniquement les crimes. Ainsi, dans l’affaire de l’ancienne ministre, « il n’y a aucune expertise ni commission rogatoire à l’étranger en cours, car l’affaire concerne des factures de prestations et non pas des faits de corruption ou de transferts illicites d’argent à l’étranger ». C’est pourquoi la détention préventive ne doit pas « excéder quatre mois », déplore-t-il.

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