Depuis le 1er janvier 2020, au moins 39 féminicides ont été recensés en Algérie. Un nombre très probablement sous-évalué, puisqu’il n’existe aucun organisme officiel qui recense les crimes contre les femmes en Algérie. Plusieurs associations de la société civile ont décidé de monter au créneau pour tirer la sonnette d'alarme. 

Des rassemblements ont eu lieu, jeudi 8 octobre, dans plusieurs villes algériennes afin de briser le silence. A Alger, Tizi Ouzou, Bejaïa ou encore à Oran, des voix se sont élevées afin de dénoncer ces crimes mais aussi "l'absence de justice". Ces mouvements de protestation interviennent quelques jours après le viol et l’assassinat ignoble de Chaïma Sadou, une jeune fille de 19 ans.

Pour plusieurs associations et collectifs, le "meurtre infâme" de Chaïma Saadou s’ajoute à "une longue liste de crimes impunis commis contre les femmes algériennes". L'un d'eux, c'est le Collectif libre et indépendant des femmes de Bejaïa qui s'insurge contre le "silence complice, la justification de la violence et l’absence de mesures réelles" dans la lutte contre les féminicides.

Le site Féminicides Algérie a enregistré, à partir de données récoltées à travers les médias et les réseaux sociaux, 39 féminicides depuis le début de l’année 2020. Cependant, ce nombre reste inexact. A en croire les associations engagées dans les luttes féministes, il serait bien plus élevé, car il n’existe aucun organisme officiel de recensement dans le pays.

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Rappelons que le meurtre de Chaïma Sadou a déclenché un vif émoi dans le pays et a relancé le débat sur les violences faites aux femmes et les féminicides. L’assassin présumé de la jeune fille de 19 ans est poursuivi pour "viol et homicide volontaire avec préméditation et guet-apens en utilisant la torture".

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