Le journaliste marocain Maâti Monjib a annoncé, dimanche 11 octobre, sa décision d'entamer une grève de la faim pour protester contre le harcèlement policier et judiciaire que subit sa famille. L'intellectuel, connu au Maroc pour ses positions critiques, dénonce les interrogatoires marathoniens subis par sa sœur.

"J’annonce que je suis obligé encore une fois d’entamer une grève de la faim pour protester contre le harcèlement policier et judiciaire contre ma famille et notamment ma jeune sœur qui subit depuis quelques jours des interrogatoires marathoniens", a indiqué d'emblée Maâti Monjib sur sa page Facebook.

Le journaliste marocain dénonce notamment une pratique de la police qu'il qualifie de sournoise. "La voiture officielle de la police se gare devant chez elle pendant des heures dans un quartier populaire, ce qui provoque une pression aussi terrible que sournoise et les rumeurs les plus folles...", a-t-il fait savoir, annonçant une grève de la faim de trois jours, qui deviendra illimitée si ses revendications ne sont pas satisfaites.

Ce journaliste et intellectuel, connu pour son militantisme pour les droits de l'Homme au Maroc, est suspecté de "blanchiment de capitaux" après des informations sur des "transferts importants d'argent" et des propriétés immobilières suspectes, selon un article du quotidien français Le Monde. C'est la police judiciaire qui mène l'enquête sur instruction du parquet général.

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Une grève d'avertissement de trois jours

"Je déclare de nouveau ici que je suis totalement innocent des accusations financières mensongères et à but diffamatoire et que je n’ai jamais menacé la sécurité de l’Etat : choses qu’on me reproche sans la moindre preuve", soutient Maâti Monjib, non sans énumérer ses revendications que les autorités devraient satisfaire si elles ne veulent pas que sa "grève d'avertissement" de trois jours devienne une grève illimitée.

"Mes revendications sont toutes simples : l’arrêt du harcèlement policier et judiciaire contre ma sœur et l’arrêt de la très forte campagne diffamatoire menée contre moi et ma sœur par les officines de la police politique comme ChoufTV, Alahdath Almaghribya, le360, Barlamane.com...", explique-t-il.

Enfin, il menacera : "Si ces revendications, qui sont d’ordre purement humain, ne sont pas satisfaites, je serai obligé d’entamer une grève de la faim illimitée. Car la vie, la liberté et la dignité ont la même valeur pour moi".

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