L’Association Maurice Audin vient de briser le silence qui entoure les crimes coloniaux de la France pendant la guerre d’Algérie. Avec de nombreux historiens et archivistes, l’association a déposé un recours au Conseil d’Etat français pour lever l’interdiction d’accès aux archives couvrant la période 1940-1970.

Dans interview accordée au quotidien Liberté, Pierre Mansat, président de l’association Maurice Audin, a déclaré que la violence de la répression coloniale avait connu ses « ses formes les plus extrêmes » en Algérie. Il fait savoir que la période de décolonisation, entre 1940 et 1970, était concernée par la difficulté d’accès aux archives.

Pierre Mansat estime qu’il existe au sein de l’administration française, dans la sphère du pouvoir politique et même dans l’armée des personnes qui bloquent l’accès aux archives de la guerre d’indépendance algérienne. Ce qui empêche les historiens d’effectuer leur travail de mise en lumière des crimes coloniaux de la France. Et cela malgré la loi de 2008, qui dispose que les archives historiques peuvent être consultées 50 ans après leur émission, et les engagements des présidents français successifs, notamment Emmanuel Macron, à faire en sorte que les documents soient à la portée des spécialistes.

Selon le président de l’Association Maurice Audin, il y a « un retour en arrière invraisemblable » puisque les archives consultées par les historiens et publiées auparavant dans plusieurs études sont, aujourd’hui, de nouveau inaccessibles. La situation est, donc, « très grave ». Pourtant, rappelle-t-il, l’accès aux archives de la nation est un droit consacré depuis la Révolution française et par la Déclaration des droits de l’Homme et des citoyens. Ce qui se passe, dénonce-t-il, est « inadmissible ».

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