L’écrivain Kamel Daoud a interpellé, dans une lettre ouverte, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour libérer les journalistes et les militants emprisonnés pour leurs idées. L’écrivain a évoqué dans sa correspondance la situation politique « délicate » que traverse le pays.

Dans sa lettre ouverte au chef de l’Etat, publiée par le quotidien Liberté, l’écrivain Kamel Daoud écrit que le présent de l’Algérie « est parfois illisible » et son futur reste « inquiétant ». Le malheur « nous viendra, encore et encore, estime l’auteur de Zabor ou les Psaumes, lorsque chacun croira qu’il est l’enfant unique » de l’Algérie et qu’il est « seul à avoir raison ».

L’Algérie nouvelle ne semble pas faire partie des convictions politiques de Kamel Daoud : « Je ne crois pas que l’Algérie est déjà ‘’nouvelle’’ ou qu’elle n’est que celle d’hier », souligne-t-il. Le slogan « dégagez tous » ne fait pas non plus partie des convictions politiques de l’écrivain. Pour lui, la devise adéquate est « engagez-vous tous ». Pour Kamel Daoud, l’Algérie a besoin aujourd’hui d’un « apaisement » de la part des uns et des autres (décideurs et opposition) qui pourra aider à « la reconstruction » du pays.

« Ceux qui verront dans le geste du président une faiblesse auront prouvé leur impuissance »

Kamel Daoud précisera qu'il a formulé sa requête non pas parce que les détenus d'opinion « ont le droit à l’immunité » mais parce que c’est le « devoir du président » de réaliser « l’apaisement ». Citant, entre autres, les noms de Khaled Drareni et Yacine Mebarki, l’auteur de la lettre espère que sa demande sera satisfaite à l’occasion de la Fête du 1er novembre, soulignant que chacun rêve « d’une Algérie à sa façon ».

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Par ailleurs, Kamel Daoud estime que ceux qui verront dans le geste (la grâce demandée à Tebboune) « une faiblesse », ils auront prouvé leur « impuissance à imaginer l’avenir et à aller vers la maturité ». En revanche, les partisans de cette idée « verront la chance de convertir la colère en lucidité et responsabilité et de comprendre que la pluralité est un droit et un devoir », estime-t-il.

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