Beaucoup de pays musulmans appellent au boycott des produits français. Ces appels font suite au discours d'Emmanuel Marcon prononcé lors de la cérémonie d'hommages à Samuel Paty. Lors de son allocution, le président français s'est engagé à ne pas renoncer aux caricatures du prophète Mohammed. Des déclarations qui ont déclenché un tollé, y compris en Algérie, où plusieurs personnalités politiques incitent à rejoindre le mouvement de boycott des produits français.  

La promesse de continuer à défendre les caricatures du prophète de l'islam, faite par le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, lors de la cérémonie d’hommages organisée à la mémoire de l’enseignant décapité, a entraîné un flot de critiques dans les pays musulmans.

Pour protester contre la rediffusion des caricatures, de nombreux dirigeants et personnalités politiques ont lancé des appels à boycotter les produits français. C’est le cas de l’homme politique algérien Abdallah Djabellah, qui a transformé son meeting, censé tourner autour de son opposition au référendum constitutionnel, prévu le 1er novembre, en une véritable campagne anti-France.

En effet, lors de son intervention au Centre culturel Ibn Badis de Constantine, le président du parti d'obédience islamique « le Front pour la justice et le développement (FJD) », a appelé au boycott des produits français. Cet homme politique a axé l'essentiel de son discours sur les déclarations du président français, Emmanuel Macron, qui s'est engagé à défendre des caricatures jugées « offensantes » par beaucoup de pays musulmans.

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Le leader islamiste a encouragé les citoyens algériens à répondre aux « provocations » de la France en boudant les produits fabriqués par l'Hexagone. Il a également exhorté l’État à prendre des mesures concrètes, « comme la convocation de l’ambassadeur de France à Alger ».

Le monde musulman s’insurge

Dans le monde, beaucoup de pays musulmans ont réagi avec hostilité aux propos d'Emmanuel Macron. A Gaza, des manifestants ont brûlé des photos du président français. Dans la localité tunisienne d’El Kamour, aux portes du Sahara, un défilé anti-France a rassemblé quelques dizaines de personnes.

Au Maroc, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que le royaume condamnait «  vigoureusement la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’islam et au prophète  », dénonçant des «  actes qui reflètent l’immaturité de leurs auteurs  » et soulignant «  que la liberté des uns s’arrête là où commencent la liberté et les croyances des autres  ».

Au Proche-Orient, des manifestations ont été organisées « dans diverses régions échappant au contrôle du régime » syrien, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, précisant que des portraits du président français, Emmanuel Macron, avaient été brûlés. En Jordanie, le ministre des Affaires islamiques Mohammed al-Khalayleh, a estimé qu’« offenser » les prophètes ne relevait « pas de la liberté personnelle mais d’un crime qui encourage la violence ».

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