L'Organisation des Nations unies (ONU) a rendu publique, cette semaine, la lettre envoyée par ses rapporteurs à l'Algérie, sur le cas du journaliste emprisonné Khaled Drareni. Signée par quatre rapporteurs spéciaux, la lettre envoyée en août demande des explications sur la condamnation du journaliste algérien et exige sa libération si les motifs de son emprisonnement ne sont pas conformes au droit international.

Selon le texte publié, les rapporteurs exigent "des informations sur les motifs factuels et juridiques justifiant la détention et la condamnation de M. Drareni" et demandent à l'Algérie de leur "expliquer comment ces motifs sont conformes aux normes et standards internationaux en matière des droits de l’homme". Ils précisent que si cette conformité n'existe pas, le journaliste devrait être libéré.

Dans la même lettre, les rapporteurs spéciaux de l'ONU demandent aux autorités algériennes de leur "fournir sans délais des informations sur les conditions de détention de M. Drareni". "Veuillez nous expliquer dans quelle mesure les fréquentes arrestations des personnes, qui ne semblent être que des sympathisants avec le mouvement Hirak, sont compatibles avec les obligations de l’Etat algérien, selon le droit international", ont ajouté les quatre signataires.

"Fréquentes arrestations..."

Enfin, les rédacteurs de la lettre en question, en l'occurrence Clément Nyaletsossi Voule, Elina Steinerte, Irene Khan et Mary Lawlor, disent vouloir comprendre "quelles mesures ont été prises pour veiller à ce que les manifestants, y compris les défenseurs des droits de l'homme, puissent exercer leur droit sans crainte d’être menacé ou détenu".

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Cette lettre a été transmise aux autorités algériennes durant le mois d'août 2020, environ deux semaines après la condamnation du journaliste à trois années de prison ferme. En appel, Khaled Drareni sera condamné le 15 septembre à deux années de prison pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale".

Pour rappel, Khaled Drareni a été arrêté le 7 mars 2020 à Alger alors qu'il couvrait une manifestation populaire. Le procureur a contesté la liberté provisoire que lui avait accordée le juge d'instruction. Il se retrouvera à la prison de Koléa, dans la wilaya de Tipaza, le 30 mars, avant son procès, tenu le 4 août.

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