L'ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le docteur Saïd Sadi, s'est exprimé, mardi 4 novembre 2020 sur le référendum constitutionnel tenu le 1er novembre en Algérie. Il considère que le taux de participation de 23% n'est pas fiable, indiquant qu'il n'aurait pas dépassé 6%.

Selon Saïd Sadi, le taux de participation au scrutin annoncé par le gouvernement ne reflète pas la réalité. "Des sources fiables assurent que le taux de participation au dernier référendum n’a pas dépassé les six pour cent" a-t-il en effet écrit dans une publication sur sa page Facebook.

Pour lui, cela n'est pas aussi important car, dit-il, "en soi, l’Algérie qui n’en est pas à sa première fraude ne sera pas plus ébranlée par un trucage de plus. Il y a simplement à relever que les décideurs auraient au moins pu éviter au pays pareil outrage un premier novembre".

"Supercherie"

L'ex-militant du mouvement berbère fait en outre un constat amer sur la situation socioéconomique qui prévaut en Algérie. "Les ressources humaines furent stérilisées par l’école, le népotisme et l’exil. Les capacités financières subirent méthodiquement les effets de la rapine institutionnalisée ; sous le seul règne de Boutefilka, le pouvoir dilapida trois fois le montant du plan Marshal qui permit de reconstruire l’Europe occidentale après le seconde guerre mondiale. Il restait le capital symbolique, il vient d’être pulvérisé avec cette dernière supercherie", a dit l'ex-président du RCD.

À lire aussi :  François Hollande appelle la France à relancer son partenariat avec l'Algérie, le Maroc et la Tunisie

Saïd Sadi estime par ailleurs que "le péril qui guette l’Algérie est grand et imminent." Pis encore, l'ancien dirigeant du RCD affirme que "le régime est dans l’impasse. Ce sera le chaos ou la transition".

"La Kabylie doit être entendue"

Pour le docteur Saïd Sadi, "c’est, il ne faut jamais l’oublier, l’ouverture empoisonnée qui a suivi la révolte d’octobre 1988 qui a conduit la nation à l’impasse actuelle. La leçon a-t-elle été enfin tirée ? Il n’y a plus de place pour les tergiversations et les demi-mesures", a-t-il clamé.

Revenant au référendum de dimanche dernier, l'homme politique algérien, auteur en outre de plusieurs livres, soutient que "la Kabylie a donné un aperçu de la radicalité et du courage avec lesquels doit être appréhendée la séquence décisive que vit la Nation. Il faut espérer que, pour une fois, elle sera entendue".