Plusieurs associations et organisations non-gouvernementales tunisiennes ont adressé une lettre ouverte au ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, pour dénoncer la décision d’expulsion de sans-papiers par la France. Le responsable français effectue d'ailleurs, ce vendredi 6 novembre, une visite à Tunis pour négocier avec les autorités locales l’expulsion de nombreux sans-papiers et émigrés considérés par la France comme « extrémistes ».

D’emblée, les signataires de la lettre ouverte à l'attention du ministre français de l’Intérieur réaffirment leur « dénonciation absolue » des attentats terroristes commis à Conflans-Saint-Honorine, à Nice et à Vienne (Autriche). « Nous nous associons à la douleur de leurs familles et proches et leur présentons nos sincères condoléances », ont-ils exprimé. Ils déclarent, dans ce sillage, leur « rejet absolu du terrorisme et des discours complaisants », affirmant leur attachement aux valeurs universelles des droits de l’Homme.

Par ailleurs, les signataires dénoncent « la pression politique exercée » contre la Tunisie et les pays d'Afrique du Nord, de manière générale, estimant que certains gouvernements européens profitent des crimes terroristes « pour se débarrasser des migrants sans papiers au mépris du droit et de la justice ».

Les associations tunisiennes considèrent que le combat contre le terrorisme doit se faire dans le respect du droit, de la démocratie et des libertés, rejetant ainsi l’utilisation des attentats terroristes « pour exercer des pressions sur le gouvernement tunisien afin qu’il accepte l’augmentation massive des retours collectifs forcés des migrants ».

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Rappelons que le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, se rendra, après sa visite en Tunisie, en Algérie, en fin de semaine, dans le cadre d’une petite tournée dans les pays d'Afrique du Nord et à Malte. Il s’agit de discuter avec les responsables de ces pays du cas des éléments radicalisés que la France veut expulser vers leurs pays d'origine.

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