La France avait promis d'accélérer et de faciliter l’accès à la nationalité française pour les étrangers ayant "contribué activement" à la lutte contre le Covid-19. Cette mesure exceptionnelle, qui devait être accompagnée par la régularisation des sans-papiers engagés dans la lutte anti-covid, tarde à être appliquée.  

La ministre française déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, avait donné des instructions aux préfets afin d’accélérer et de faciliter la naturalisation des ressortissants étrangers qui se sont mobilisés "en première ligne" durant la pandémie de Covid-19. Une mesure difficile, cependant, à appliquer, tant les préfectures françaises sont saturées.

Cette mesure exceptionnelle concerne certaines catégories d’étrangers qui avaient lutté contre le coronavirus. Agents de nettoyage, infirmiers, médecins, manutentionnaires … Les ressortissants étrangers en “première ligne” lors du pic de la pandémie de Covid-19 en France pourraient voir leur accès à la nationalité française “facilité”.

En septembre dernier, Marlène Schiappa avait indiqué que l'État français souhaitait, à travers cette décision, "reconnaître l'engagement des personnes qui ont pris une part active dans la lutte contre le Covid-19.

Gérald Darmanin s'oppose à Marlène Schiappa

Toutefois, cette décision tant attendue par les travailleurs étrangers n’est pas encore appliquée. En cause, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, se serait opposé à Marlène Schiappa. Pourtant, cette dernière avait bénéficié du soutien du cabinet de l’ex-ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, au début de l’été.

En effet, et d’après des informations du journal Le Monde, Marlène Schiappa a envoyé un télégramme aux préfets à la fin de l’été, les invitant à faciliter les procédures pour les candidats à une régularisation. Un message démenti en l’espace de quelques heures par le cabinet de Gérald Darmanin.

L’annonce des naturalisations en récompense aux efforts des travailleurs engagés dans le combat contre le Covid-19 devait être initialement accompagnée par la régularisation des sans-papiers engagés dans cette même lutte. Mais le nouveau ministre de l’Intérieur, qui semble vouloir faire de la lutte contre l’immigration clandestine son cheval de bataille, n’est pas prêt à céder sur la question.

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