L'activiste et militante politique algérienne Amira Bouraoui a été condamnée pour "offense au Prophète" par le tribunal de Dar El-Beïda. Elle a écopé de trois ans de prison, rapportent des sources concordantes. 

La peine a été prononcée dimanche 8 novembre par le tribunal de Dar El-Beïda, à Alger. Selon les mêmes sources, Amira Bouraoui a été jugée par contumace. Cette activiste politique algérienne a été poursuivie en justice après la diffusion, sur sa page Facebook, de publications jugées "offensantes au prophète".

Des voix se sont élevées pour dénoncer ces écrits, qui ont suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. Certains sont allés jusqu'à porter plainte contre elle. Une démarche judiciaire décriée et dénoncée par beaucoup d'autres activistes politiques algériens, invoquant le droit à la liberté d'expression. Il importe de noter que ce n'est pas la seule action en justice intentée contre la militante algérienne, qui a été arrêtée à plusieurs reprises.

Amira Bouraoui condamnée par contumace

Le 21 juin dernier, elle a été condamnée à une année de prison ferme pour plusieurs chefs d'inculpation, dont  « incitation à attroupement non-armé », « offense ou dénigrement du dogme ou des préceptes de l’islam », « offense au président de la République par une expression outrageante, injurieuse ou diffamatoire » et « publication pouvant porter atteinte à l’unité nationale ».

À lire aussi :  L'ambassadeur d'Algérie en France reçu à l'Elysée et au Quai d'Orsay

Elle sera remise en liberté provisoire le 2 juillet dernier. Figure incontestable du Hirak, Amira Bouraoui, 44 ans, a été également à la tête du mouvement Barakat qui s'est opposé ouvertement au quatrième mandat de Abdelaziz Bouteflika, en 2014. Amira Bouraoui est, par ailleurs, gynécologue de profession et mère de deux enfants âgés de 12 et 16 ans.