Cela fait un mois que l'Algérie se trouve sans son chef d'Etat. Le 24 octobre 2020, Abdelmadjid Tebboune a annoncé sa décision de se mettre en quarantaine suite à des soupçons de contamination au coronavirus. Il se trouve à ce jour en Allemagne où il se soigne depuis le 28 octobre.

Depuis, des interrogations continuent d'alimenter les esprits des Algériens sur l'état de santé de Abdelmadjid Tebboune. Les différents communiqués de la présidence de la République n'ont pas su dissiper les doutes, notamment au regard de la durée de cette absence ; Tebboune lui-même considérait le référendum constitutionnel du 1er novembre 2020 comme une étape importante de l'histoire de l'Algérie et les Algériens considèrent son absence comme incompréhensible.

Il faut dire que la confiance n'est pas très présente entre les Algériens et leurs gouvernants. Particulièrement depuis le déclenchement du mouvement populaire Hirak, en février 2019. Et les communiqués, toujours laconiques, de la présidence qui traitaient de la santé du chef de l'Etat n'étaient pas faits pour rassurer les citoyens algériens.

Similitudes avec le cas de Abdelaziz Bouteflika

Il faut dire aussi que cette absence de confiance vient de l'expérience vécue par les Algériens avec l'ex-président déchu, en avril 2019. Abdelaziz Bouteflika a effectivement eu des soucis de santé et s'est longuement absenté à l'étranger. Les communiqués disaient souvent que l'état de santé du chef de l'Etat s'améliorait alors qu'en réalité, il se détériorait à tel point que même sa convalescence s'était déroulée en France. Cela s'est poursuivi ainsi jusqu'au jour où son entourage a voulu vendre l'idée d'un 5ème mandat à un président qui ne parlait plus, qui ne marchait plus et qui ne bougeait plus.

Pour ce qui est des communiqués, ceux traitant de l'état de santé de Abdelmadjid Tebboune ressemblent étrangement à ceux diffusés du temps de Bouteflika. Il y a aussi la similitude de la convalescence qui voit les deux chefs d'Etat rester hors du territoire national, au-delà de leurs soins médicaux.

La communication en défaut

Mais ce qui intrigue le plus les Algériens, c'est la communication autour de l'état de santé de Abdelmadjid Tebboune. Comme quand c'est le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman qui informe les Algériens que leur président était atteint de coronavirus, confirmé plusieurs jours plus tard par la présidence de la République. Il y a aussi ces informations qui circulent annonçant son retour imminent sans qu'elles soient suivies de faits concrets.

C'est aussi ce genre de cafouillages en communication qui alimente les rumeurs. Particulièrement celles qui ont annoncé la mort du chef de l'Etat. Parfois, c'est la nature de sa maladie et de sa prise en charge qui alimente les rumeurs, comme cette information qui affirmait que Tebboune était victime d'un AVC. Là encore, ce n'est pas la présidence qui démentira, mais un expert en stratégie interrogé par un site arabophone. Et ce n'est pas avec ces cafouillages que l'on va réussir à mettre fin aux interrogations sur l'état de santé du chef de l'Etat. En sont-ils conscients au palais d'El Mouradia ?

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