L'Algérie a réitéré, ce samedi 12 décembre, sa position par rapport au conflit du Sahara occidental, défiant ainsi le Maroc et les Etats-Unis après que Donald Trump a annoncé son soutien à la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis. Dans un communiqué, le ministère algérien des Affaires étrangères (MAE) a indiqué que l'Algérie réaffirmait son « appui indéfectible à la cause juste » du peuple sahraoui. 

« Le conflit du Sahara occidental est une question de décolonisation qui ne peut être résolue qu’à travers l’application du droit international et de la doctrine bien établie des Nations unies et de l’Union africaine en la matière », souligne le MAE. Et d'expliquer que cela veut dire « l’exercice authentique par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément aux dispositions de la résolution 1514 (XV) portant octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, dont la communauté internationale célèbre, cette année, le 60ème anniversaire ».

Pour le département de Sabri Boukadoum, la dernière proclamation, annoncée le 10 décembre, reste « sans effet juridique », étant donné qu'elle « contrevient à l’ensemble des résolutions des Nations unies et notamment à celles du Conseil de Sécurité sur la question du Sahara occidental, la dernière étant la résolution 2548 du 30 octobre 2020, rédigées et défendues par le "porte-plume" américain », rappelle le ministère des Affaires étrangères.

Les mises en garde du MAE

Le MAE estime que ladite proclamation « pourrait porter atteinte aux efforts de désescalade déployés tous azimuts en vue de préparer le terrain au lancement d’un véritable processus politique et de convaincre les deux parties en conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, de la nécessité de s’engager, sans conditions, sur la voie du dialogue, sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, appuyée par l’Union Africaine ».

Pour rappel, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a affirmé ce samedi aussi que l’Algérie était visée, en faisant allusion à la décision du Maroc de normaliser ses relations diplomatiques avec Israël. Il a ajouté que « quand on dit aux citoyens qu’il y a des opérations à l’étranger visant la stabilité du pays, voici les preuves, quand on voit que nous sommes entourés de dangers et de guerres. Il y a une volonté de ramener l’entité israélienne et sioniste à nos frontières ».

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