Les Algériens établis à Marseille sont exposés à une grande précarité accentuée par la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus. Selon le média français Le Courrier, qui a recueilli une série de témoignages, les ressortissants étrangers établis dans cette ville du sud de la France rencontrent beaucoup de difficultés économiques qui les empêchent de vivre dignement.

Cité par la même source, un ressortissant algérien établi à Marseille depuis près de 20 ans a confirmé que, depuis la crise sanitaire, son quotidien est devenu plus compliqué. Dénommé Youssef Madoui, il confie qu’avant la crise, il s'en sortait en cumulant des petits boulots, notamment « au black » dans des chantiers. Cependant, depuis la crise sanitaire, il est devenu « très difficile de trouver un travail déclaré et depuis trois mois, je ne travaille plus du tout », regrette-t-il.

Une crise sanitaire aux allures de crise humanitaire

L'autre témoignage rapporté par le même journal est celui de Falrat, un autre Algérien qui expose sa détresse. Comme tous les démunis, son quotidien a empiré avec l'apparition de la pandémie. Les souffrances de cet Algérien sont d'autant plus grandes qu'il a un enfant handicapé à charge. Un enfant qu'il élève de surcroît seul, sa femme étant bloquée en Algérie. « Je n’arrive pas, je n'arrive plus (...) S'il n'y avait pas le petit, je trouverais un travail, ouvrier agricole, n'importe quoi », se désole-t-il.

Par ailleurs, dans cette ville des plus pauvres et plus inégalitaires de France, certains collectifs de solidarité, comme le Secours Catholique, dénoncent « une crise humanitaire ». Depuis le deuxième confinement, mis en place fin octobre, Gérard Gros, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, constate « un très grand élargissement de la population dans le besoin ». Les chiffres sont colossaux : chaque semaine, l'association distribue près de 85 tonnes de nourriture, au restaurant Noga notamment ».

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