Le calvaire des étrangers, notamment les Algériens, bloqués à cause du gel de la procédure de regroupement familial sur le territoire français continue depuis le début du confinement, en mars dernier. Le gel des procédures d'obtention de visa pour le regroupement familial a contribué à la séparation de plusieurs familles. Cette situation a poussé un collectif d’avocats du barreau de Nantes à lancer une campagne de référés devant le tribunal administratif. 

Plusieurs Algériens sont concernés par ce blocage. Selon des témoignages recueillis par le journal Liberté, ces ressortissants algériens attendent toujours une solution. Le cas de Raouf, un informaticien qui a bénéficié du regroupement familial, est édifiant. Le jeune Algérien a bénéficié d'un regroupement familial pour accueillir son épouse en France. Mais cette dernière n'a pas pu le rejoindre à cause du gel par la France des mesures de délivrance de visa.

Quant à Rezkia, elle vit toujours à Bejaïa en attendant de rejoindre son mari, à Nantes. Elle ne l'a pas revu depuis leur mariage, en octobre 2019. L'époux a obtenu une réponse favorable de la préfecture à sa demande de regroupement familial en mars 2020. Malheureusement, le couple est contraint de se battre sur le terrain judiciaire pour obtenir le droit de vivre dans le même pays et sous le même toit, après toutes les déconvenues auxquelles il fait face.

Des avocats et des ONG se mobilisent contre la discrimination

Cette situation perdure depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus. La France a décidé de réduire le volume des visas octroyés aux étrangers. Cette mesure touche seulement les résidents étrangers concernés par le regroupement familial. Les conjoints de Français ont toujours la possibilité d’entrer sur le territoire français.

Afin de mettre fin à cette injustice, des ONG se sont mobilisées. Un collectif d’avocats s'est constitué pour faire pression sur la justice et lever les blocages sur la délivrance des visas au titre du regroupement familial. Une mobilisation soutenue par le Syndicat des avocats de France, l’association d’aide aux étrangers et aux sans-papiers Cimade, la Ligue des droits de l’Homme, ainsi que l’ONG Gisti de conseils juridiques aux étrangers.

A ce propos, Maître Bourgeois, qui fait partie du collectif d’avocats, affirme que « les blocages sont illégaux, car ils n’ont pas de fondement juridique. On ne peut pas utiliser la crise sanitaire comme un motif pour limiter les visas ». Il ajoute : « Les raisons sont assez mystérieuses. On ne peut faire que des suppositions. Certains consulats veulent-ils se dispenser de travail supplémentaire ou s’agit-il d’une volonté politique de restreindre les regroupements familiaux sous prétexte de crise sanitaire ? »

Ce collectif a décidé d'agir sur le terrain judiciaire. Il a déposé des référés auprès des tribunaux administratifs afin de faire réagir les hautes autorités politiques françaises.

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