Le verdict est tombé dans le procès des ahmadis de Tizi Ouzou. Le tribunal correctionnel  de cette wilaya de Kabylie a condamné, mardi 22 décembre, quatre adeptes de l'ahmadisme (Ahmadiyya) à 2 mois de prison avec sursis et à 20 000 DA d’amende, alors que les 27 autres ont été relaxés. L'affaire dite des ahmadis a été jugée la semaine passée.

Ils étaient trente-deux à être convoqués par la justice. Les ahmadis ont été jugés le 15 décembre dernier. Pendant le procès, le parquet avait requis 3 années de prison ferme et 50 000 DA d'amende contre les principaux prévenus et 18 mois de prison ferme et une amende de 30 000 DA dinars à l'encontre des autres. Les ahmadis ont été accusés de « diffusion de tracts dans le but de porter atteinte à l'intérêt national », « occupation d’une bâtisse pour l'exercice d'un culte de manière secrète et sans autorisation », « collecte de fonds et de dons sans autorisation » et « prêche à l'intérieur d'une bâtisse sans autorisation et sans agrément ».

Enième atteinte à la liberté de culte, selon les avocats

Ce procès a soulevé la contestation des organisations de défense des droits humains. Ces dernières dénoncent des atteintes à la liberté de culte, pourtant garantie par la Constitution algérienne. Les avocats des ahmadis inculpés, maîtres Kader Houali et Sofiane Dekkal, considèrent également ce procès comme une énième atteinte à la liberté de culte.

Il faut rappeler que plusieurs ONG ont dénoncé les atteintes à la liberté de culte et de conscience en Algérie. Human Rights Watch (HRW) a mis l'accent, dans son rapport annuel, sur le Code pénal algérien qui punit de trois à cinq ans de prison celui qui « offense le Prophète et les messagers de Dieu, dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam par quelque moyen que ce soit ». L’organisation rappelle que les autorités algériennes ont eu recours à cet article pour condamner des membres de la petite communauté de l'Ahmadiyya, qui pratique une version de l'islam différente du dogme officiellement reconnu.

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