L'accord de normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël sera-t-il remis en cause ? C'est en tout cas ce qu'affirme le New York Times. Le média US estime que l'accord ne pourra pas survivre à certaines réalités que l'administration Trump n'a pas prises en compte.

Ainsi, selon le journal américain, la nature des contreparties proposées par le président américain sortant, Donald Trump, sont un véritable obstacle devant la concrétisation de l'accord. Il estime que « les contreparties miroitées par l’administration Trump » afin de réaliser cet accord, dit historique, ne sont pas faciles à concrétiser. Ces contreparties « pourraient être soit rejetées par le Congrès, soit abandonnées par l’administration Biden ».

Le New York Times explique que comme « le Sénat a accepté difficilement, la semaine dernière, la vente, aux Emirats arabes unis, de chasseurs furtifs, de drones et autres armes de précision », il pourra revenir sur cette décision ainsi que sur celle de reconnaître la marocaineté du Sahara occidental. Il précise également que cette décision pourrait être annulée, si les Démocrates venaient à prendre le contrôle du Sénat.

Le journal affirme, également, que la vente d'armes aux Emirats n'est pas encore acquise. Il souligne que « l’administration Biden examinera cette décision pour s’assurer que la vente (d’équipements) pour 23 milliards de dollars, aux Emirats arabes unis, ne représentait pas une menace sur l’avantage militaire d’Israël dans la région ». Le New York Times indique aussi que « la reconnaissance, par Trump, de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental pourrait elle aussi être annulée par le nouveau Président qui prendra les commandes du pays à partir du 20 janvier prochain ».

La nouvelle administration américaine pourra revenir sur les décisions de Trump

Selon Robert Malley, président de l’ONG International Crisis Group, un proche d’Anotony Blinken, secrétaire d’Etat à la future administration Biden, « la diplomatie est entièrement basée sur les transactions, mais ces transactions (dont ont bénéficié le Maroc et les Emirats) mettent ensemble des choses qui ne devraient pas être mises ensemble ».

Robert Malley s'attend à ce que l’Amérique « abandonne les parties de l’accord de normalisation (avec Israël) qui vont à contresens avec les normes internationales ». Il cite notamment « la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental ». L’abandon des éléments qui ont poussé les Emirats et le Maroc à normaliser leurs relations avec Israël rendra ainsi les accords peu profitables à ces deux pays. Cette nouvelle situation pourra ainsi inciter notamment le Maroc à remettre en cause ses accords avec Israël.

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