De nombreux détenus politiques et d’opinion ne cessent de dénoncer les conditions inhumaines de leur incarcération. Le quotidien francophone Liberté a recueilli plusieurs témoignages glaçants, décrivant l’effroyable situation dans laquelle se trouvent les détenus d’opinion, notamment les activistes du Hirak.

Sur les colonnes du quotidien francophone, les détenus d’opinion et leurs familles ont affiché leur inquiétude concernant les conditions d'incarcération dans les établissements pénitentiaires algériens. La famille de Mohamed Tadjadit, surnommé « le poète du Hirak », confie qu'il lui est « difficile de le réconforter dans ces conditions ».

Elle se plaint aussi de l'interdiction des couffins alimentaires, sachant que chaque détenu a le droit de faire ses provisions dans le magasin de la prison à la limite de 3 000 DA par semaine. Une somme insuffisante pour « couvrir tous les besoins », et les détenus n’ont pas le droit aux fruits de saison. Elle révèle, en outre, que pour les visites, « il faut prévoir une journée entière pour pallier les impondérables de circulation et les démarches administratives ».

Situation dégradante et absence d’intimité dans certaines prisons

La famille d’un autre activiste du Hirak au Sud, en l'occurrence Yasser Kadiri, déplore le planning des visites qui est réduit à une visite tous les quinze jours. « Il n’arrive pas à dormir à cause de la lumière allumée constamment », dénonce sa famille. Cette dernière fait également savoir que Yasser n'avait reçu, depuis août dernier, qu’un survêtement chaud et déplore le fait de « n’avoir pas pu lui faire parvenir assez de vêtements de rechange ». Cela en raison des restrictions imposées pour prévenir la propagation du coronavirus au sein des établissements pénitentiaires.

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De son côté, le journaliste Abdelkrim Zeghileche a révélé que, durant son séjour en prison, il avait été choqué de voir des toilettes turques devant lesquelles se dresse un mur de moins d’un mètre. « Du genre quand vous passez aux toilettes, vous avez 107 détenus qui vous font face », s'indigne-t-il. Le journaliste avoue également que lorsqu’il a vu « un responsable prétendre à la télévision que les conditions de détention sont bonnes », il a eu envie de casser l'écran par colère.

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