Le tribunal de Sétif a prononcé, ce lundi 4 janvier, son verdict dans l’affaire Walid Kechida. Le blogueur de 25 ans a écopé de trois ans de prison ferme, assortie d’une amende pour « atteinte aux préceptes de l’islam et offense au président de la République ».

C'est le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) qui a annoncé sur sa page Facebook que Walid Kechida avait été condamné par le tribunal de Sétif à trois ans de prison ferme, assortie d’une amende, dont le montant n'a pas été précisé. La justice reproche au jeune internaute d’avoir publié, sur les réseaux sociaux, des « mèmes » se moquant des préceptes de l'islam et du président Abdelmadjid Tebboune. Il est également poursuivi pour outrage à corps constitué. La condamnation de Walid Kechida s’ajoute à une longue liste de condamnations prononcées ces derniers mois contre les détenus d'opinion et confirme surtout le climat de répression des libertés d’expression en Algérie.

Kaci Tansaout, coordinateur du CNLD, a aussitôt réagi à la condamnation du jeune blogueur. Dans une déclaration accordée à l’agence française de presse (AFP), il estime que « l’heure est très grave au moment où on attendait sa libération ». Il appelle les citoyens à se mobiliser aux côtés de ses avocats lors du procès en appel.

Pour rappel, Walid Kechida a été placé sous mandat de dépôt le 20 avril 2020 et s’est vu rejeter sa demande de liberté provisoire le 24 août de la même année. Lors de son procès, qui s’est tenu le 21 décembre dernier, le procureur de la République près le tribunal de Sétif avait requis contre lui une peine de 5 ans d’emprisonnement ferme et une amende de 500 000 dinars.

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