Bien que le début des campagnes de vaccination dans plusieurs pays soit porteur d'un vent d'espoir pour le secteur du transport aérien, la relance ne s’annonce pas aussi rapide. Toutefois, malgré cette crise inédite, un monde sans transport aérien reste impensable. Mais quels sont les facteurs déterminants pour l’avenir du secteur du transport aérien ?

L’EDHEC Business School a lancé une étude en septembre 2020 sur l’avenir de l’industrie du transport aérien dans le monde. Le projet a identifié quatre facteurs qui seront déterminants pour l’avenir du secteur : le voyage d’affaires, la régionalisation des trajets, les réseaux « en étoile » et le flight shaming ou la « honte de prendre l’avion » pour des raisons environnementales.

Il ressort de cette étude que ces quatre facteurs de changement annoncent une transition plus radicale dans le transport aérien que dans d’autres secteurs. Il semble que les scénarios de l’après-Covid se dessineront autour de ces quatre éléments.

Voyages d’affaires

Les voyages d’affaires sont un moteur de croissance important pour l’industrie aérienne. Pourtant, il est possible qu'ils ne retrouvent plus jamais leur niveau d’avant la crise. Les interdictions de voyages, imposées par les États et les entreprises, peuvent entraîner des changements systémiques qui peuvent devenir permanents.

L’absence de voyages d’affaires et de réunions en face à face a maintenant donné lieu à l’adoption d’alternatives en masse, comme la vidéoconférence, la collaboration virtuelle, les tableaux blancs en ligne, etc. Si ces alternatives sont capables de montrer qu’elles peuvent accroître la productivité, les voyages d’affaires deviendraient une exception pour les réunions.

De la mondialisation à la régionalisation ?

Les stratégies d’internationalisation des entreprises sont de plus en plus axées sur la réactivité locale et de moins en moins sur le contrôle et la dépendance à l’égard des sièges sociaux internationaux. La crise du Covid-19 a contribué à ralentir les déplacements intercontinentaux. Cette tendance pourrait s’accélérer et favoriser le commerce et l’approvisionnement régionaux.

La fin du réseau en étoile ?

Il est intéressant de noter que l’impact de la pandémie de Covid-19 a été ressenti différemment par les compagnies aériennes à bas prix (low-cost), comme Ryan Air ou EasyJet, et les compagnies aériennes traditionnelles de réseau (CATR), comme Air France, Lufthansa ou Singapore Airlines.

Les compagnies aériennes traditionnelles de réseau s’appuient sur des plates-formes centrales où les vols court-courriers sont reliés aux vols long-courriers qui, avec leurs avions de plus grande capacité, sont économiquement plus intéressants. Ce modèle, dit « en étoile » (hub-and-spoke), crée également de puissants effets de réseau, permettant aux grandes compagnies aériennes d’atteindre des économies d’échelle et de créer de puissantes barrières à l’entrée pour les nouveaux arrivants.

Et qu’en est-il du « flight-shaming » ?

La prise de conscience croissante de l’impact environnemental a conduit à faire naître, en Suède, un mouvement de flygskam (en anglais flight shaming) visant à éviter les voyages en avion pour des considérations environnementales.

Or, certains signes indiquent également que les mesures liées au confinement, en réponse au Covid-19, ont augmenté l’envie des citoyens d’adopter un mode de vie plus calme. Ce point reste aujourd’hui au cœur des préoccupations des acteurs de l’aérien même si son influence réelle sur le comportement des consommateurs reste difficile à mesurer.