Le ministre algérien des Affaires religieuses, Youcef Belmehdi, a présidé, ce mardi 5 janvier, le lancement du concours pour le recrutement de 63 imams algériens à la mosquée de Paris. Cette démarche sonne comme une mise au défi des autorités françaises qui avaient décidé de la fin de mission d’imams détachés par des pays étrangers, dont l’Algérie. 

L’Algérie ne cesserait pas d’envoyer des imams en France. Le ministre algérien des Affaires religieuses a affirmé que parmi les 105 imams qui participaient au concours, 63 seront retenus. Ils vont bénéficier d’une formation pour ensuite officier en tant qu’imam en France. Le recrutement des futurs imams va passer par un examen oral en langue française pour évaluer leur niveau de maîtrise linguistique, mais aussi leur compréhension du livre saint de l'islam.

Comme rapporté précédemment par Observ’Algérie, le gouvernement français se retrouve confronté à la résistance de l’Algérie pour faire passer son projet. La question de la gestion des mosquées se trouvant sur le territoire français est à l’origine de cafouillages entre l’Algérie et la France.

En effet, le projet de création d’un Conseil national des imams (CNI) ainsi que l’élaboration d’une charte engageant les grandes fédérations musulmanes ne sont pas du goût de plusieurs pays, notamment l’Algérie. D’ailleurs, la création du Conseil national des imams de France est retardée, si ce n’est remise en cause par des pays comme l’Algérie ou la Turquie. Ces derniers refusent d’abandonner le financement de certaines mosquées en France.

Le projet phare du président français Emmanuel Macron, visant à mettre fin « aux influences étrangères exercées sur l’islam de France », peine à voir le jour. Macron se retrouve dans une situation où il doit renégocier les accords qui permettent à l’Algérie, au Maroc et à la Turquie d’envoyer et de rémunérer des imams officiant dans les mosquées de l’Hexagone.

Ainsi, le projet de création d’un Conseil national des imams (CNI) ainsi que l’élaboration d’une charte engageant les grandes fédérations musulmanes sont reportés au début de l’année prochaine.