La dévaluation du dinar algérien, prévue dans la loi de finances 2021, peut aller jusqu'à 240 DA pour un euro dans les semaines à venir. La chute de la monnaie algérienne, qui a perdu un peu plus de 10 % de sa valeur ces dernières années, devra se poursuivre durant trois prochaines années au moins. 

En effet, la loi de finances 2021 table sur une dépréciation progressive du dinar sur trois ans : un taux de 142 dinars pour un dollar américain en 2021, 149,71 dinars en 2022 et 156 dinars en 2023. Selon le Dr en finances Nemouchi Farouk, cité par El Watan, « le gouvernement a été conseillé de déprécier la monnaie pour faire face à la masse monétaire qui se rétrécit ainsi qu’au déficit budgétaire, mais aussi pour préserver le niveau des réserves de change ».

La politique de la dévaluation du dinar algérien est destinée, depuis ces dernières années, à gonfler les recettes fiscales pétrolières par effet de change. Les rentrées pétrolières chutent alors que les dépenses publiques, selon la loi de finances 2021, sont en augmentation de 10 %.

« Ces dévaluations ne sont pas faites, comme il est de tradition, pour attirer les investisseurs et favoriser les exportations hors hydrocarbures, mais seulement pour doper le budget de l'État par l'effet de la conversion en dinars des recettes pétrolières libellées en dollars », explique l'économiste Nordine Grim.

Les producteurs et les ménages seront fortement impactés

« Grâce à ce gonflement artificiel des recettes budgétaires, le gouvernement algérien pourra en effet, sans trop de difficultés, payer ses trois millions de fonctionnaires, les transferts sociaux et autres soutiens des prix de produits de large consommation. Il pourra également continuer à dépenser sans compter pour maintenir son train de vie », poursuit l'expert.

Ce sont surtout les entreprises de production qui subissent de plein fouet les méfaits de la chute de la monnaie nationale par rapport à l'euro et au dollar. Ces opérateurs qui dépendent des marchés étrangers pour maintenir leur production importent les matières premières à l'international et paient leurs fournisseurs en devises.

Automatiquement, les pertes au change de ces entreprises seront reportées sur le prix de vente des produits finis. « Les effets de cette dépréciation sur les ménages commencent déjà à se faire sentir avec une inflation qui touche plusieurs produits et qui risque de s'élargir à une grande partie des produits non subventionnés », souligne le consultant en management Mohamed Saïd Kahou.