A partir du mois d’avril prochain, les autorisations de travail pour les étrangers en France ne seront plus délivrées par le ministère du Travail, mais par celui de l'Intérieur, rapporte le journal français L’Humanité dans son édition de mardi 19 janvier.

En effet, les autorisations de travail ne seront plus délivrées par le ministère du Travail mais par celui de la place Beauvau, c’est-à-dire le ministère de l’Intérieur, dès le mois d'avril 2021. Jusqu’ici, un travailleur étranger en France obtenait l'autorisation de travailler dans le cadre d’une procédure gérée par des agents du ministère du Travail, en liaison avec l’inspection du travail et le Pôle emploi.

Dorénavant, les autorisations seront délivrées seulement par sept plateformes réparties sur tout le territoire français et seront, de ce fait, plus difficiles d’accès. Conscientes de cela, les autorités entendent recourir à la dématérialisation des demandes, comme cela se fait déjà pour les titres de séjour avec tous les problèmes que cette pratique engendre : « saturation du système, problèmes techniques, difficultés liées à l’inégale maîtrise des outils informatiques ou de la langue française ».

Pour le Syndicat national unitaire travail emploi formation économie (Snutefe-FSU), « les services de la main-d’œuvre étrangère (MOE) disparaissent en catimini, pour se transformer en “plateformes MOE” sous la coupe du ministère de l’Intérieur ». Le syndicat voit dans ce changement un moyen de resserrer l'étau sur les étrangers de France.

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« Quelles seront les pratiques de ces plateformes, isolées des services du travail et de l’emploi ? Seront-elles exclusivement des chambres d’enregistrement et des productrices de décisions de reconduite aux frontières, selon l’humeur préfectorale ?  Nous en sommes malheureusement profondément convaincus ! » s'inquiète à juste titre le syndicat.

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