L’historien français Benjamin Stora a réagi à la polémique née après la publication de son rapport sur la « réconciliation des mémoires » entre l’Algérie et la France. Dans une tribune publiée lundi 25 janvier, dans le Quotidien d’Oran, Benjamin Stora défend « une méthode qui privilégie l’éducation et la connaissance de l’autre ». Il estime que "les discours d'excuses ne doivent pas être des mots prononcés un jour pour se débarrasser le lendemain d'un problème si profond".

L'historien français estime que la France n'a pas à présenter d'excuses à l'Algérie, jugeant que "les discours d'excuses ne doivent pas être des mots prononcés un jour pour se débarrasser le lendemain d'un problème si profond." Il défend "une méthode qui privilégie l'éducation et la connaissance de l'autre", regrettant le retard pris en France comme en Algérie sur "ce travail d'éducation".

"J'ai simplement proposé dans mon rapport une méthode qui est la mienne depuis longtemps : connaître les motivations, la trajectoire de tous les groupes de mémoire frappés par cette guerre dévastatrice, patiemment, pour faire reculer les préjugés et le racisme", se défend le spécialiste de l'histoire contemporaine de l'Algérie.

Face à une histoire complexe, "mon rapport propose précisément une méthode qui privilégie l'éducation, la culture, par la connaissance de l'autre, et de tous les groupes engagés dans l'histoire algérienne", affirme Benjamin Stora.

Abdelmadjid Chikhi refuse de commenter

De son côté, Abdelmadjid Chikhi, homologue algérien de Benjamin Stora a refusé de commenter le rapport sur la mémoire remis mercredi dernier à Emmanuel Macron.  «Je ne peux rien dire. Ce rapport ne nous a pas été adressé officiellement et nous ne pouvons pas réagir sur la base de ce qui a été rapporté par la presse. Les relations entre Etats ne sont pas gérées comme ça», a déclaré Abdelmadjid Chikhi.

Le représentant algérien, conseiller chargé des archives et de la mémoire auprès de la présidence, a indiqué  : «Nous réagirons lorsque nous recevrons le rapport de manière officielle.» Abdelmadjid Chikhi a refusé également de s’exprimer sur ce qui a été fait du côté algérien sur cette question de la mémoire.