Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a décidé de suspendre pendant une durée de six mois le magistrat Saâdeddine Merzoug avec le versement de la moitié de ses salaires. Une décision qui a fait réagir l’homme de justice, qui n’écarte pas une éventuelle démission.

En effet, le magistrat Saâdeddine Merzoug estime que la décision du CSM a été prononcée à son encontre en raison de ses engagements politiques. Dans une déclaration rapportée par le quotidien francophone Liberté, il révèle que le ministère de la Justice « a tenté de monter un dossier en évoquant notamment une soi-disant histoire de vice de forme dans un dossier » qu’il a traité. « Je persiste à considérer que ce dossier est monté juste pour me punir pour mes prises de position politiques », clame-t-il.

Lors de son audience, le magistrat rebelle a fait savoir au président de la Cour suprême, qui préside le CSM, qu’il n’acceptait pas de demi-mesures. « Ou vous me radiez ou vous m’acquittez totalement », lui lance-t-il. Saâdeddine Merzoug, mécontent de la décision du CSM, a exprimé son intention de quitter le rang des magistrats.

Saâdeddine Merzoug ne renonce pas à son combat

Par ailleurs, Saâdeddine Merzoug a été accusé dans une deuxième affaire d’avoir pris un congé-maladie de complaisance, une affaire qui n’a pas été retenue par le CSM. Le magistrat révèle également que le ministère est allé plus loin et a engagé contre lui une procédure pénale « qui n’a pas abouti ».

Cependant, les charges visant cet homme de justice pourraient s’alourdir lors des prochains jours. Il est accusé de partager du contenu sur Facebook portant « atteinte à personne disposant de l’autorité publique » et « obstruction contre les efforts des hautes autorités du pays, incitation à la rébellion et à la grève, atteinte à l’honneur des personnes ». Cette affaire sera traitée lors de la prochaine session du CSM. L’homme affiche d'ores et déjà sa détermination à poursuivre le combat. « Je suis combatif et je le resterai. Ce combat ne date pas d’aujourd’hui », déclare-t-il.

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