Le rapport de l’historien français Benjamin Stora portant sur « la réconciliation des mémoires entre l’Algérie et la France », continue de susciter des réactions. Un collectif de femmes et de filles de harkis s’est opposé à l’entrée au Panthéon de l’avocate et militante Gisèle Halimi.

Dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien Le Figaro, une cinquantaine de femmes et de filles de harkis, auxiliaires de l’armée française lors de la guerre d’Algérie, se sont opposées à l’éventuelle entrée au Panthéon de l’avocate Gisèle Halimi, grande figure féminine d’opposition à la guerre d’Algérie.

« Nous nous élevons de manière unanime, forte et déterminée, contre la proposition émise par Benjamin Stora de 'l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, grande figure féminine d’opposition à la guerre d’Algérie », écrivent les femmes et filles de harkis. D’après les signataires de la tribune, Gisèle Halimi a « affiché en plusieurs occasions son mépris pour les harkis », notamment sur la radio France Inter, le 3 mai 2010, quand elle avait expliqué qu’elle appelait « femmes harkis » les femmes qu’elle considérait comme « ennemies de la femme ».

A souligner que le rapport de Benjamin Stora sur la mémoire de la guerre d'Algérie, remis à Emmanuel Macron propose de faire entrer l'avocate et militante Gisèle Halimi, décédée en juillet dernier, au Panthéon. Emmanuel Macron va lancer le processus de concertation de panthéonisation. Gisèle Halimi, décédée le 28 juillet 2020, a été l’un des principaux avocats des militants du Front de libération nationale (FLN). Elle dénonça aussi l’usage de la torture par les militaires français en Algérie.

Les harkis réclament la vérité

Dans un communiqué transmis à l’AFP, samedi dernier, le Comité national de liaison des harkis a réclamé, « la vérité, la reconnaissance, la justice et la réparation » à la France. Le comité soutient que, « ce qui compte vraiment, c’est que la France reconnaisse définitivement le mal qu’elle a fait. En cachant cette partie de l’Histoire, elle fausse l’Histoire ».

Une revendication soutenue dans le communiqué qui réclame « la vérité, la reconnaissance, la justice, la réparation » à la France. Ainsi, le CNLH souhaite « la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité et de sa faute dans le désarmement, l’abandon et le massacre des harkis, après les accords d’Évian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962 ».