Le Secrétaire général par intérim de l'Organisation nationale des moudjahidine (ONM), M. Mohand Ouamar Benelhadj a réagi ce dimanche 31 janvier, au rapport de Benjamin Stora sur la « réconciliation des mémoires » entre l’Algérie et la France. Il indique que le contexte d'élaboration du rapport laisse supposer que Stora a trahi ses idées et qu'on "lui a imposé le texte" pour des raisons purement politiques.

Dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube de l'organisation, le SG de l’ONM estime que le rapport de Benjamin Stora sur la colonisation et la Guerre de libération a "occulté " les crimes coloniaux de la France et tenté de résumer le dossier de la Mémoire dans le cadre d'une célébration symbolique pour tourner la page de la reconnaissance et du pardon.

Le moudjahid Mohand Ouamar Benelhadj a indiqué que le rapport remis par l'historien Benjamin Stora à l'Elysée début janvier "a montré ses limites" dans le récit des faits historiques. Il souligne que le contexte d'élaboration du rapport laisse supposer que Stora a trahi ses idées et qu'on "lui a imposé le texte" pour des raisons purement politiques.

La volonté politique est-elle sincère du côté français ?

Pour Mohand Ouamar Benelhadj, l’historien Benjamin Stora "a omis d'aborder dans son rapport les différents crimes coloniaux perpétrés par l'Etat français, de l'aveu des Français eux-mêmes". Soulignant que l’historien français a évité d'évoquer "la genèse du problème mémoriel entre les deux pays qui remonte à 1830 lorsque Charles X a envoyé son armée en Algérie pour la coloniser, piller ses richesses et exterminer son peuple".

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Le SG par intérim de l'ONM accuse l'historien français d’avoir tenté de faire fi de cette histoire douloureuse entachée "d'enfumades, de massacres, et d'épidémies ayant décimé des millions d'Algériens". A cet effet, Mohand Ouamar Benelhadj a mis en doute la sincérité de la volonté politique du côté français, estimant que le fait "d'écarter toute possibilité d'excuses de la part de la France officielle pour ses crimes coloniaux est de nature à torpiller les tentatives de réconciliation avec la mémoire".

"Les Algériens n'attendent pas de l'Etat français une indemnisation financière pour les millions de vies, mais l'appellent à reconnaître ses crimes contre l'humanité", a-t-il déclaré.