Le secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de l`Education et de la formation (SATEF), Boualem Amoura a tiré la sonnette d'alarme sur la situation sociale en Algérie. Boualem Amoura a averti dans une interview accordée au journal Liberté ce lundi 2 février que le pays se dirigeait vers une explosion sociale. 

D’emblée, le secrétaire général du SATEF a dressé un tableau noir sur la situation des travailleurs en Algérie. Il a affirmé que "les conditions sociales des Algériens en général et des travailleurs en particulier sont de plus en plus mauvaises. Il y une absence criante de justice sociale dans notre pays. Les richesses nationales sont toujours mal réparties, et cette logique persiste".

Il a ajouté que "les couches moyennes ont disparu et l’Algérien s’appauvrit davantage. Est-il concevable qu’en 2021, le travailleur algérien continue à percevoir, pour certains, un salaire de 18 000 DA ? Il est évident que le constat social est amer".

L’Algérien a besoin d'un salaire de 80 000 dinars

Boualem Amoura a également souligné que cette situation dramatique résulte du manque de volonté politique de la part des décideurs. "L’Algérie n’est pas gouvernée démocratiquement ! Les riches continuent à s'enrichir et les pauvres à s'appauvrir" a-t-il asséné.

Concernant la conjoncture marquée par la crise sanitaire, le SG du SATEF affirme que "la pandémie ne doit pas être une excuse pour voiler l’incompétence des gouvernants. Cette dégradation de la vie sociale et l'érosion du pouvoir d'achat ne sont pas venues avec la pandémie. C'est une excuse inacceptable".

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Pour venir à bout de cette crise multidimensionnelle, Boualem Amoura préconise la révision de la politique salariale en Algérie. Le syndicaliste propose de "réviser la valeur du point indiciaire qui doit être aligné selon l'inflation, et pour le moment, il doit être de 90 dinars. Il nous faudra, ensuite, aller vers une répartition équitable des richesses du pays et supprimer la ségrégation salariale en Algérie".

Boualem Amoura conclut qu' "il faut également, et là c’est un impératif, revoir le Salaire national minimum garanti (SNMG) qui est de l’ordre de 20 000 dinars. Il faudra le relever à 80 000 dinars".

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