Du nouveau dans l'affaire de torture dénoncée par le détenu d'opinion Walid Nekiche lors de son procès tenu le 1er février au tribunal de Dar El Beïda, à Alger. Le parquet a, en effet, ordonné ce dimanche 7 février l'ouverture d'une enquête sur les révélations du jeune Walid qui continuent de défrayer la chronique à ce jour.

"En vertu de l’article 11 du Code de procédure pénale, et après avoir pris connaissance du rapport du procureur de la République adjoint, représentant du parquet à l’audience du tribunal criminel du procès du dénommé Nekiche Walid qui a eu lieu le 2 février au siège du tribunal de Dar el Beïda (Alger), et du rapport du greffier de l’audience, il en ressort des deux documents que l’accusé Nekiche Walid a déclaré au cours du procès, suite à une question qui lui a été posée par sa défense, qu’« il a subi au cours de la période de sa garde à vue des actes de violence et une agression sexuelle de la part des agents de police judiciaire en charge de l’enquête préliminaire" a affirmé le parquet général d'Alger dans un communiqué rendu public ce dimanche 7 février.

C'est le tribunal de Bir Mourad Raïs qui s'en charge

Le parquet général poursuit : "Au vu de ce qu’ont suscité ces déclarations comme réactions et commentaires dans différents médias nationaux, et ce qu’elles ont induit comme conjectures et interrogations auprès des accusés et tous ceux qui suivent l’action judiciaire, notamment en ce qui concerne le respect de la liberté et de la dignité des citoyens suspects, et afin de connaître la vérité sur ce qui se serait passé de ce côté-ci de l’affaire du citoyen Nekiche Walid, le parquet général près la Cour de justice d’Alger, et en fonction des informations et documents à sa disposition concernant l’affaire du concerné, a ordonné le 7 février 2021 à Monsieur le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs de procéder à l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les faits déclarés par le concerné et de confier cette enquête au service de police judiciaire compétent".

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Les révélations du jeune Nekiche avait choqué l'opinion

Cette réaction du parquet général d'Alger intervient environ une semaine après les révélations faites par le jeune étudiant Walid Nekiche devant le tribunal de Dar El Beïda. Il avait affirmé avoir subi des actes de torture physique et morale pendant sa longue garde-à-vue, notamment les six jours qu'il dit avoir passés dans la caserne de Ben Aknoun. "J'ai vécu l'enfer" a-t-il raconté plus tard dans les médias.

Ces révélations ont choqué l'opinion publique qui a condamné sans ambages les éléments des services de sécurité accusés dans cette affaire. Surtout que le jeune hirakiste arrêté en novembre 2019 lors d'une manifestation des étudiants à Alger, a déclaré avoir subi une agression sexuelle, en plus des actes de torture. C'était suffisant pour provoqué une onde de choc parmi la population, particulièrement ses avocats et les militants politiques en général.