La crise diplomatique entre l'Algérie et le Maroc bat son plein. Les responsables des deux pays voisins ne ratent visiblement aucune occasion pour se lancer des attaques. Cette fois, c'est Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération africaine, qui a décoché quelques flèches en direction de l’Algérie. Il souligne « l'acharnement » des autorités algériennes, mais également de l'agence de presse officielle (APS) dans la question du Sahara Occidental.

Nasser Bourita pense que l'Algérie en fait trop à propos de la question du Sahara Occidental. Intervenant, dimanche à Rabat en marge d’une conférence de presse, à l’issue du 34e sommet virtuel de l’Union africaine (UA), le chef de la diplomatie marocaine a en effet dénoncé « l'acharnement de l'Algérie à faire de la marocanité du Sahara une cause nationale ».

« Je suis surpris par l'énergie, le temps que consacre l'Algérie à la question du Sahara Marocain. C'est presque devenu la question nationale propriétaire de l'Algérie », a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Dans le même sillage, le même responsable a indiqué que le Maroc avait relevé plus de 50 déclarations officielles en Algérie. « On a vu, au cours des dernières semaines, comment toutes les institutions algériennes se sont mobilisées. On a compté presque une cinquantaine de déclarations de la présidence de la République, du porte-parole du gouvernement, du Premier ministre, de la diplomatie algérienne, de l’armée algérienne. Même au niveau religieux, l’Algérie a mobilisé », a souligné Nasser Bourita qui a aussi fait état de « 7 dépêches par jour, émanant de l'agence de presse officielle » algérienne, APS

« Est-ce que la question du Sahara marocain est la priorité des priorités de l’Algérie ? »

Déplorant cette situation, le ministre marocain a estimé que cela devrait interpeller l'Algérie et les Algériens en premier lieu : « Est-ce que la question du Sahara marocain est la priorité des priorités de l’Algérie, plus que les questions qui concernent l’Algérie et les Algériens ? », s'est-il demandé. Et d'enchaîner : « Ça doit interpeller l’Algérie par rapport à cette contradiction entre un statut dont elle se prétend, et une réalité où elle est un véritable acteur de ce dossier ».

Par ailleurs, le chef de la diplomatie marocaine a affirmé que cette «  mobilisation » algérienne ne fait que confirmer que l’Algérie est bel et bien une « partie prenante » dans le conflit du Sahara et non juste un pays «  observateur  » et «  neutre  » comme elle le prétend. Avant de clore le sujet, Nasser Bourita a appelé les décideurs algériens à « assumer les conséquences de ces déclarations en se positionnant comme la véritable partie à ce différend régional et d'en tirer les conséquences dans le processus onusien et dans la recherche de la solution à ce différend régional ».

Lire aussi : Maroc : El Othmani s’en prend à l’Algérie et ses médias