La comparution de l’islamologue Saïd Djabelkhir devant le tribunal de Sidi M’hamed, le 25 février prochain, a suscité de vives réactions en Algérie. En effet, en plus des déclarations de soutien d'hommes politiques, une campagne de solidarité s'est déclenchée sur les réseaux sociaux pour dénoncer cette "inquisition" et alerter sur le danger qui plane sur la liberté de culte, de conscience et d'expression.

Ainsi, plusieurs intellectuels, avocats, hommes politiques et citoyens anonymes ont exprimé leur soutien à l'islamologue. Ils ont notamment dénoncé l’article 144 bis 2 du code pénal sur la base duquel la plainte a été déposée.

Cet article stipule qu’«est puni d’un emprisonnement de trois ans à cinq ans et d’une amende de 50 000 DA à 100 000 DA, ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque offense le Prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen».

Les avocats se mobilisent

Suite à cette plainte, plusieurs avocats comme Moumen Chadi et Zoubida Assoul, se sont constitués pour défendre son dossier. Des intellectuels se sont aussi joints à Saïd Djablekhir. Le poète Lazhari Labter a affirmé que «ce système, qui encourage le charlatanisme et l’obscurantisme et combat la raison, les lumières et la pensée libre, est un système qui ruine les esprits et détruit le pays».

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Quant au romancier Bachir Mefti, il s'est interrogé «comment le pays est arrivé à une étape où au lieu qu’il y ait un débat d’idées, leurs auteurs se retrouvent dans les tribunaux». De son côté l'éditeur Arezki Aït Larbi, il a soutenu que «le procès intenté à l’islamologue Saïd Djabelkhir est une nouvelle diversion, un écran de fumée pour occulter le scandale des tortures subies par Walid Nekiche. Il révèle la soumission de la frange domestiquée des islamistes aux forces liberticides de l’ombre».

En ce qui concerne les hommes politiques, le président du RCD, Mohcine Belabbas estime que «dans le cas de l’islamologue Saïd Djabelkhir, il s’agit carrément de la judiciarisation et de la criminalisation de la pensée et du débat. C’est le refus et l’interdiction du libre-débat et de la libre-pensée qui font que le pays sombre de plus en plus».

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