La rencontre du 14 février entre une délégation du Front des forces socialistes (FFS) et le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, a soulevé l'indignation d'une partie des activistes politiques sur les réseaux sociaux. Des militants reprochent au parti d'avoir tourné le dos au peuple et de donner une légitimité à Abdelmadjid Tebboune.

Ainsi, une campagne s'est déclenchée sur les réseaux sociaux pour dénoncer la démarche du plus vieux parti de l'opposition en Algérie. Les activistes politiques reprochent au FFS sa rencontre avec un chef de l'Etat « issu de la fraude électorale ».

Certains affirment que dès son départ du Pacte de l'alternative démocratique (PAD), le FFS s’apprêtait déjà à changer de camp. D'autres, qui ont qualifié cette rencontre de « trahison », estiment que le FFS a négocié sur le dos des détenus d'opinion. Ils lui dénient la qualité de représentant du mouvement populaire pour revendiquer la libération des militants qui ne reconnaissent pas l'élection de Abdelmadjid Tebboune.

Le FFS réagit

Le FFS n'a pas tardé à réagir ces accusations. Hakim Belacel, membre de l'instance présidentielle du parti, a déclaré que son parti était « habitué à être la cible privilégiée des feux croisés des nervis de tout acabit », ajoutant que « le FFS saura comme de coutume, faire face à cette nouvelle campagne de dénigrement et de diffamation ». Il explique que « la rencontre d'aujourd'hui (ndlr, 14 février) s'inscrit en adéquation et en stricte cohérence avec l'effort historique du FFS depuis des décennies, à créer les conditions favorables pour convaincre les tenants du pouvoir à s'inscrire dans un processus de sortie de crise à moindre coût et d'une manière urgente ».
Hakim Belacel accuse ceux qui ont critiqué cette rencontre d’être contre l’intérêt de l’Algérie. Il indique que « les jours à venir vont encore une fois débusquer les pyromanes et les ennemis de notre parti et prouveront surtout, que le FFS n'a fait et ne fera aucune concession et aucune entorse à ses valeurs fondamentales ».
Il faut souligner qu'au-delà de l'ordre du jour annoncé de la réunion entre Tebboune et le FFS, certains internautes soupçonnent ce parti de négocier sa rentrée dans le prochain exécutif ainsi que son « quota de députés aux prochaines législatives ». Ils ont rappelé au parti ses positions d'il y a quelques semaines seulement, quand il avait rejeté la feuille de route de Abdelmadjid Tebboune.