Le rapport de politique générale sur le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, destiné à l’administration Biden, examine les opportunités et les défis auxquels les Etats-Unis pourraient être confrontés dans la région. Le rapport intitulé « Saisir les opportunités et renforcer les alliances en Afrique du Nord-Ouest. Idées pour la politique américaine à l’égard du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie » est publié par le Washington Institute For the Near East Policy.

Le rapport exhorte l'équipe Biden à considérer la situation actuelle comme un moment d’opportunité pour améliorer les relations américano-algériennes et renforcer la position stratégique américaine en Afrique du Nord-Ouest. Le Washington Institute For the Near East Policy souligne que parmi les trois pays faisant l’objet du rapport, l’Algérie a traditionnellement été la moins encline à entretenir des liens avec les Etats-Unis.

Cependant, toujours selon le même rapport, la détérioration de l’économie algérienne, suite à la chute des prix du pétrole, et les ravages causés par la pandémie ont renforcé chez les décideurs politiques algériens la conviction qu’ils doivent ouvrir l’économie si l’État veut éviter l’effondrement. « Cette tendance offre des ouvertures pour démontrer qu’Alger a beaucoup à gagner d’une coopération avec Washington », analyse le WINEP.

Pour le think tank américain, afin de promouvoir les intérêts des Etats-Unis dans la région, l’administration Biden devrait mener un certain nombre de politiques à la fois bilatérales et régionales. Celles-ci consisteraient à approfondir le partenariat avec le Maroc, nourrir une relation naissante avec l’Algérie, soutenir l’élan démocratique en Tunisie et, en cours de route, utiliser ces liens pour contrer le terrorisme et les visées expansionnistes des grandes puissances concurrentes.

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Conflit algéro-marocain autour de la question sahraouie

Au sujet du conflit algéro-marocain autour de la question sahraouie, le rapport indique que la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc au Sahara a été interprétée comme un geste hostile à Alger.

Néanmoins, pour le WINEP, il n’y a pas de contradiction entre la reconnaissance de la revendication du Maroc sur le Sahara et le soutien à la mission d’un nouveau médiateur de l’ONU que Washington devrait presser à nommer : « L’administration Biden devrait réaffirmer son soutien à la fois à une résolution négociée du conflit du Sahara et à la poursuite des opérations de la mission de maintien de la paix des Nations unies (MINURSO) dans cette région; faire pression pour la nomination d’un nouvel envoyé des Nations unies au Sahara, un poste maintenant vacant depuis dix-huit mois ».

Les analystes du think tank américain expliquent que « bien que l’administration Biden n’ait pas choisi la voie de la reconnaissance du Sahara pour aider à sécuriser les relations diplomatiques Maroc-Israël, revenir sur cette décision maintenant saperait les relations avec deux alliés clés et commencera un mandat présidentiel en répudiant un engagement clé de son prédécesseur ».

Dans le même sens, le WINEP estime que « Washington devrait encourager le Maroc à renforcer les liens avec Israël en procédant aussi rapidement que possible à la création d’ambassades, à l’échange d’ambassadeurs et à l’exploration de toute la gamme des partenariats économiques, culturels, éducatifs, technologiques ».