Un sénateur a vivement critiqué, jeudi 18 février, la gestion de la Sonatrach. Il s'agit de Abdelouahab Benzaïm qui a poussé un véritable coup de gueule devant le ministre de l'Energie, venu écouter et répondre aux questions des membres de la chambre haute du Parlement. 

Abdelouahab Benzaïm est allé jusqu'à qualifier la Sonatrach de « République autonome », rapporte le site électronique Tout sur l'Algérie (TSA). Cette entreprise, fait remarquer le sénateur, possède « des navires propres en Algérie et à l’étranger, une flotte aérienne propre (Tassili), des ambassadeurs extraordinaires payés en dinars et en devises et, plus étonnant encore, un drapeau qui flotte aux côtés de l’emblème national sur les bâtiments de la société ».

Dans son discours, Benzaïm rappelle que la loi sur les hydrocarbures est « taillée pour Sonatrach ». « Une loi passée par le Parlement, a-t-il dit, et qui lui octroie le droit de fixer elle-même (Sonatrach, ndlr) les montants des impôts qu’elle paie, sans possibilité de contester ses décisions ». Le même orateur affirme qu'« aucune institution, ni même le Parlement, ne peut contrôler ses comptes ».

« Les chances de travailler à Sonatrach sont inexistantes »

Benzaïm a, par ailleurs,  évoqué et dénoncé le mode de recrutement au sein de cette entreprise pétrolière. « La colère des chômeurs et des étudiants est due au fait que les chances de travailler à Sonatrach sont inexistantes pour le commun des Algériens. Ses responsables emploient qui ils veulent, quand ils veulent et au salaire qu’ils veulent.

Que les prix de pétrole montent ou descendent, les salaires à Sonatrach sont toujours les mêmes, ainsi que les avantages royaux. On nous disait que la production a baissé, mais les salaires ont augmenté. Toutes les franges du peuple demandent à travailler à Sonatrach et c’est un droit pour tous les enfants du peuple, notamment les enfants du Sud », a-t-il accusé. Dans sa réponse, le ministre de l'Energie n'a pas totalement nié ces « griefs ».