Le président français Emmanuel Macron a annoncé, ce dimanche 21 février, son soutien aux réformes du chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune. Dans un communiqué publié sur le site de l’Elysée, la présidence française a évoqué le coup de fil de samedi entre les deux chefs d’Etat et a donné certains contenus de l’échange téléphonique.

« Le Président de la République lui a fait part de son soutien à la mise œuvre des réformes en cours », fait savoir le communiqué de l’Elysée. Ce dernier ajoute que, lors de l’entretien téléphonique, « les deux chefs d’Etat ont évoqué la situation sanitaire dans les deux pays », ainsi que « la situation économique en Algérie ». Selon le même document, Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune « sont convenus de renforcer les échanges et la coopération entre la France et l’Algérie ».

Cette nouvelle information risque de provoquer la polémique, notamment en Algérie, où les citoyens ont toujours dénoncé le soutien de la France au pouvoir algérien. D’ailleurs, ce ne sera pas la première fois, puisqu’une déclaration du président français a déjà fait l’objet, en novembre 2020, de dénonciations du côté Sud de la Méditerranée.

En effet, dans une interview à « Jeune Afrique », Emmanuel Macron a exprimé sa volonté d’aider le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. « Je vous le dis franchement : je ferai tout ce qui est en mon possible pour aider le président Tebboune dans cette période de transition. Il est courageux », avait dit le locataire de l’Elysée, provoquant un tollé parmi les acteurs politiques en Algérie.

Emmanuel Macron avait même suggéré aux Algériens de donner du temps à Abdelmadjid Tebboune. Pour lui, « on ne change pas un pays, des institutions et des structures de pouvoir en quelques mois ». « Il y a eu un mouvement révolutionnaire, qui est toujours là, sous une forme différente. Il y a aussi une volonté de stabilité, en particulier dans la part la plus rurale de l’Algérie. Il faut tout faire pour que cette transition réussisse. Mais il y a un facteur temps important », a-t-il ajouté, provoquant la colère des Algériens impliqués dans le mouvement populaire.

D’autre part, le président français a défendu le contenu du rapport de l’historien Benjamin Stora sur la mémoire de la colonisation. Dans ce sens, il a souligné « la qualité de ce rapport et la pertinence des préconisations proposées par Benjamin Stora ». « Il a réitéré à son interlocuteur sa volonté de continuer le travail de mémoire, de reconnaissance de la vérité et de réconciliation », a ajouté l’Elysée dans son communiqué.

Enfin, la présidence française conclut son communiqué par l’évocation de la grâce qui a touché, vendredi 19 et samedi 20 février, une partie des détenus d’opinion en Algérie. De façon à provoquer encore une fois la colère des Algériens, puisque le communiqué parle d’amnistie et non de grâce. « Le Président a salué l’amnistie décidée par le Président Abdelmadjid Tebboune, à la veille du deuxième anniversaire du début du Hirak », a précisé l’Elysée.

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