Agé de 20 ans, un étudiant algérien est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Il se bat depuis 3 ans contre « la bureaucratie » de l'administration française qu’il accuse de ralentir son dossier et de l'avoir empêché de défendre son cas.

Dans un long reportage que lui a consacré InfoMigrants, le jeune étudiant algérien raconte son long combat avec l’administration française qu'il perçoit comme « un mur impénétrable ». Cet Algérien est arrivé mineur en France avec un visa touristique, il y a trois ans. Aujourd'hui, il risque l'expulsion.

Malgré son visa temporaire, [cet étudiant] a décidé de rester en France afin de poursuivre ses études secondaires dans un lycée privé à Rouen. Après l'obtention de son bac avec mention et son admission dans une classe préparatoire sélective en vue de devenir expert-comptable, le jeune Algérien pensait que le plus dur était derrière lui.

« Tout allait bien jusqu'à mes 18 ans. J'essaie depuis plus de deux ans d'obtenir un titre de séjour pour poursuivre mes études, mais j'accumule les difficultés. L'administration française est devenue un mur impénétrable, c'est impossible de communiquer avec qui que ce soit pour essayer d'avoir une chance de rester », explique-t-il à InfoMigrants.

Le jeune homme raconte que son dossier a d'abord été perdu en préfecture lorsqu'il était encore mineur. À 18 ans, il a donc tenté sa chance avec une demande de titre de séjour.

Une obligation de quitter le territoire comme seule réponse

Après des mois d'attente sans nouvelle, la préfecture lui annonce un refus d'instruction de son dossier, car un règlement en vigueur depuis quelques semaines imposait désormais l'achat d'un timbre fiscal de 50 euros. Il reforme alors une nouvelle fois son dossier que la préfecture lui impose cette fois de déposer par voie numérique. L’été dernier, [cet étudiant] reçoit finalement comme seule réponse de l'administration une obligation de quitter le territoire (OQTF), faisant valoir qu'il avait « détourné son visa touristique à des fins migratoires ».

La préfecture argue que [l'étudiant] était entré « récemment » en France, qu'il était célibataire, sans enfant et qu'il n'avait « pas démontré ne plus avoir de liens personnels et familiaux en Algérie » . Et de conclure : « Afin de suivre des études en France, Monsieur aurait dû et peut toujours demander un visa étudiant auprès des autorités consulaires de son pays, une fois qu'il y sera retourné ».

Mais l'option de retourner temporairement par l'Algérie est inenvisageable pour [cet étudiant], qui affirme avoir des examens à passer prochainement et qui craint, en raison de la pandémie de coronavirus, de ne plus être en mesure de revenir en France. « Les frontières sont fermées, combien de temps vais-je rester bloqué alors que des projets m'attendent ici ? L'administration française me fait sentir comme un criminel », commente-t-il, envisageant désormais une action publique et médiatique, notamment via une pétition.