La répression contre les activistes se poursuit en Algérie. Cette fois, c’est le journaliste Abdelwakil Blamm qui a été victime de violences policières à l’occasion de la marche marquant le deuxième anniversaire du Hirak, à Alger. Les avocats du militant ont déposé une plainte auprès du procureur général de la Cour d’Alger, rapporte le quotidien francophone Liberté dans son édition de samedi 27 février. 

Alors que l’Algérie marquait, lundi 22 février dernier, le deuxième anniversaire du soulèvement populaire ayant conduit à la destitution de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, les services de la police en ont profité pour réprimer plusieurs militants ayant participé à la grande marche d’Alger.

Parmi eux, Abdelwakil Blamm, « hirakiste » et directeur du journal électronique Awras. Il a été violenté et arrêté par des policiers en civil, vers 10 heures, alors qu’il était en train de filmer la marche des manifestants au niveau du boulevard Belouizdad, à Alger-Centre. Le journaliste algérien, qui a livré un témoignage au média algérien, raconte que les policiers lui avaient arraché son téléphone des mains et l’avaient « poussé violemment vers l’entrée d’un immeuble ».

« J’ai cru un instant qu’il s’agissait de voleurs, mais ils ont aussitôt commencé à proférer des insultes à mon endroit. Dès que j’ai su que j’avais affaire à des policiers, j’ai essayé de protester contre leurs injures et la manière avec laquelle ils m’ont apostrophé », témoigne Abdelwakil Blamm. Ce qui n’a pas plu aux policiers qui lui ont aussitôt asséné « un violent coup de poing au visage ». « J’ai senti le sang couler sur mes lèvres », indique-t-il.

Alors qu’il continuait à protester contre l’injustice dont il venait d’être victime, les services de sécurité ont « redoublé de férocité en me menottant et en me promettant de m’engrosser, en d’autres termes me violer, avant de me conduire au commissariat », raconte-t-il encore.

Les intimidations se sont poursuivies au commissariat

Emmené au commissariat, le journaliste algérien a subi d’autres intimidations « jusqu’à 14 heures ». Abdelwakil Blamm révèle avoir refusé de signer le PV d’audition pour être relâché, sans consultation médicale. « Une demande qui ne sera satisfaite que vers 19 heures », avant d’être conduit vers « l’hôpital Mustapha à la demande du médecin à cause des soupçons de lésion grave à la mâchoire », a-t-il fait savoir.

Le lendemain, la victime s’est rendue au service de médecine légale de l’hôpital Issad-Hassani de Beni Messous où on lui a délivré un certificat attestant de la présence d’une « une plaie simple superficielle de 0,5 centimètre au niveau de la lèvre supérieure à gauche non suturée », lui causant une incapacité totale de deux jours.

La défense de M. Blamm, représentée par Me Badi Abdelghani, a porté plainte sur la base de l’article 2 de la convention onusienne, signée par l’Algérie, contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

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